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FOOTBALL

Embolie pulmonaire 5 jours après le vaccin: Antoine (25 ans) privé de foot pendant 6 mois

Embolie pulmonaire 5 jours après le vaccin: Antoine (25 ans) privé de foot pendant 6 mois

Le jeune Arlonais, formé au FC Liège, se faisait une joie de reprendre les entraînements avec Gouvy jeudi. ÉdA – 50864757652

Transféré de Saint-Hubert à Gouvy, Antoine Adam (25 ans) a contracté le Covid début avril et s’est fait vacciner le 1er mai. Cinq jours plus tard, on lui diagnostiquait une embolie pulmonaire.

«Je n’ai jamais fait le fou ni participé à de grands rassemblements, mais je ne vais pas mentir, je n’ai pas respecté toutes les règles à la lettre depuis un an. J’ai toujours continué à voir quatre, cinq copains. Je me disais que si j’attrapais le Covid, ce ne serait pas trop grave pour moi, tant que je ne le transmettais pas à mes proches.» Comme la majorité des jeunes de son âge, Antoine Adam (25 ans) ne se sentait pas particulièrement menacé par ce virus qui malmène, surtout, les tranches les plus âgées de la population. Mais, manque de bol, le jeune Arlonais, qui a signé à Gouvy pour la saison à venir après trois campagnes à Saint-Hubert, fait partie de ces jeunes à qui le coronavirus a décidé de mener la vie dure. «Je l’ai attrapé début avril, raconte-t-il. Probablement au boulot (NDLR, il travaille à l’IPPJ à Saint-Hubert), où un foyer s’est déclaré. Les premiers symptômes étaient conformes à ce à quoi je m’attendais. Une sorte de gros rhume. Je me sentais un peu faible, sans plus, et je me disais qu’à mon âge, ça allait vite passer. L’essentiel était, surtout, de ne pas le transmettre.»

Vacciné le samedi, aux urgences le jeudi

Le jeune Arlonais a donc pris un maximum de précautions pendant un mois. Mais début mai, alors qu’il espérait retrouver ses sensations petit à petit, tout s’est accéléré… dans le mauvais sens: «Je suis allé me faire vacciner au Wex le samedi 1er mai, avec la première dose du Pfizer. Pour les médecins, le timing était bon. Deux jours plus tard, je suis allé courir et je me suis senti un peu plus essoufflé que d’habitude. J’ai mis cela sur le compte d’un manque de condition, comme j’avais levé le pied les semaines précédentes. Mais le mercredi, j’ai vraiment senti une pointe dans un poumon au cours d’une séance de sport, au boulot. Ce n’était pourtant pas intensif.»

Après une nuit difficile, Antoine Adam a pris la sage décision de se rendre aux urgences, à l’hôpital de Marche, le jeudi matin. Il est arrivé à 10 h et, après avoir subi une prise de sang et passé un scanner, n’a pu repartir qu’à 16 h. Avec un diagnostic dont il se serait bien passé: il souffre d’une embolie pulmonaire. Si vous n’avez aucune notion de médecine, cela signifie qu’un caillot de sang est venu obstruer un vaisseau pulmonaire. Plutôt rare pour un sportif de son âge. La faute au coronavirus? Au vaccin? «À la malchance, probablement, répond le jeune footballeur, fataliste. Je n’incrimine pas le vaccin et si c’était à refaire, j’irais à nouveau me faire vacciner. Mon papa, qui a 57 ans, a reçu la première dose d’AstraZeneca et il n’a eu aucun problème. Je ne suis pas de nature paranoïaque, je reste persuadé que le vaccin est la solution pour sortir de cette crise. Les réactions au Covid sont tellement différentes d’une personne à l’autre…»

Et maintenant? L’échographie qu’il a passée vendredi n’a révélé aucun signe de phlébite au niveau des jambes. La formation de ce fichu caillot demeure donc un mystère.

«25 ans, trop jeune pour mourir sur un terrain»

En attendant, Antoine Adam risque de devoir laisser ses studs au placard pendant plusieurs mois. «La première question que j’ai posée au médecin urgentiste, c’est: ‘‘Et le sport?’’, dit-il. Il m’a répondu que je ne pouvais rien faire pendant un mois. Et quand je lui ai dit que je jouais au football, il m’a dit que je devrais sans doute stopper pendant six mois! Et dire que je me faisais une joie de reprendre les entraînements avec Gouvy ce jeudi… Je dois prendre des anticoagulants et, comme cela fluidifie le sang, je dois éviter tout risque d’hémorragie, surtout interne. Un simple tête contre tête pourrait être dramatique et, 25 ans, c’est un peu jeune pour mourir sur un terrain de football (rires). Je dois voir un cardiologue ce mardi et un hématologue dans quelques semaines. J’espère vraiment accélérer le processus de guérison. Être privé de foot six mois de plus, ça ferait vraiment mal au moral. Mais j’essaye de me dire que cela aurait pu être plus grave pour me consoler. Des gens qui meurent des suites d’une embolie pulmonaire, il y en a tous les jours.»

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