CORONAVIRUS

VIDÉO | Les infirmières de demain face à la crise du Covid-19: «Je n’ai absolument pas peur, c’est pour ça qu’on est formé»

Depuis plus d’un an, la profession d’infirmière ou infirmier se retrouve au-devant de l’actualité, crise sanitaire oblige. Mais cette surexposition du métier avec ses atouts mais aussi ses difficultés a-t-elle eu un impact sur celles et ceux qui se destinent à faire carrière dans ce secteur? Pour en savoir plus, nous avons poussé les portes de l’Institut Sainte-Julienne, à Liège, qui forme le futur personnel infirmier.

En marge de la Journée internationale de l’infirmière qui se tenait ce mercredi 12 mai, nous sommes partis à la rencontre de celles et ceux qui forment le personnel infirmier de demain.

Dans un contexte difficile de crise sanitaire, les écoles ont dû adapter, parfois considérablement, leur agenda et leur façon d’enseigner. C’est notamment le cas à l’Institut Sainte-Julienne (une section du Centre d’enseignement libre S2J à Liège), lequel ouvrait ses portes le week-end dernier au public et aux futurs étudiants.

Mais si la crise a frappé de plein fouet ce secteur où la fatigue, les menaces de burn-out ou encore le manque de moyens a constamment fait la Une des médias ces derniers mois, l’attrait pour le métier demeure réel auprès de bon nombre d’étudiants et futurs étudiants.

Des études qui attirent toujours

«C’est un peu difficile à dire, admet Évelyne Soyez, directrice du Centre d’enseignement libre S2J. Nous avons fait notre journée portes ouvertes sur rendez-vous où nous avons eu plus ou moins une quarantaine d’inscrits. Donc on pourrait dire que cette formation reste attractive. Nous avons par ailleurs déjà des demandes d’inscription venant de l’étranger, de France notamment. Par contre, en raison du contexte sanitaire, nous n’avons pas pu comme par le passé accueillir de futurs étudiants, afin qu’ils puissent venir en observation

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L’Institut Sainte-Julienne et sa directrice, Madame Soyez, ont été contraints de s’adapter à la situation particulière de crise sanitaire. EdA - Romain Veys

Parmi les futurs étudiants venus pousser les portes de Sainte-Julienne le week-end dernier, certains ne se posent même pas la question.

«Je fais déjà des études d’aide soignante et j’ai envie de continuer là-dedans, parce que c’est ça que je veux faire depuis toute petite», explique par exemple Jiana.

Quelques mètres plus loin, entouré par sa famille, un jeune homme boit les paroles d’Andréa, une étudiante de troisième année qui lui explique posément toutes les étapes nécessaires à la technique de la prise de sang.

Comme quoi, la crise n’a pas eu raison de toutes les vocations, que du contraire…

«Absolument pas peur»

Dans un enseignement qui nécessite de la pratique, certaines étudiantes se sont déjà retrouvées confrontées à l’épidémie, à travers un stage en hôpital par exemple.

«Je n’ai absolument pas peur du contexte actuel, parce que je pense que c’est pour ça qu’on est formé, pour réagir en situation d’urgence, apporter mon aide et mon soutien aux patients qui ont le Covid, confie Laure, étudiante de troisième année. Je pense que c’est primordial d’être auprès d’eux, parce qu’ils n’ont déjà pas de contacts avec l’extérieur. Donc si on peut leur apporter un peu de notre soutien, ça les rassure et ça permet que les choses se déroulent mieux

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Laure s’applique: en troisième année, la prise de sang est une pratique déjà largement usitée. EdA - Romain Veys

Même son de cloche chez Jiana: «Non, ça ne me fait pas peur. J’ai déjà fait mes stages en tant qu’aide soignante avec le Covid et donc, voilà, on s’adapte, c’est comme ça

On s’adapte, c’est comme ça.

Un enseignement bouleversé

«On ne met pas toujours nos étudiants en stage, parce qu’ils ne sont pas formés à travailler dans les équipes où il y a beaucoup de patients Covid», tempère toutefois la directrice de l’établissement liégeois. Une façon, dit-elle, de «préserver les patients mais également nos étudiants».

Seules les étudiantes aguerries de troisième année ont donc ainsi été confrontées à l’épidémie.

On s’en doute, l’organisation même des études et de la formation s’en est trouvée bouleversée depuis un an. «On a dû réadapter journellement tous les stages et tous les cours dès le début de l’année

On a dû réadapter journellement tous les stages et tous les cours dès le début de l’année.

Décrochage

«On est parti en hybridation assez rapidement, poursuit Évelyne Soyez. Cela signifie que les étudiants étaient chez eux derrière un ordinateur pour les cours théoriques et revenaient à l’école de manière à travailler la pratique. »

Avec un ratio d’un jour par semaine en présentiel pour quatre à domicile, les équipes pédagogiques ont rapidement observé un taux de décrochage plus important que d’ordinaire. «On a donc rétabli une semaine de 2 jours de cours théoriques à domicile et 3 jours de pratiques à l’école, au fur et à mesure de l’année scolaire

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Les enseignantes Maïté Tricarico et Fanny Andrigot s’occupent de Simon, le patient digital et didactique de l’établissement qui permet une mise en situation réaliste afin de former au mieux les étudiants pour qui la pratique reste particulièrement importante dans leur cursus formatif. EdA - Romain Veys

Malgré cette réorganisation inconfortable mais nécessaire, les étudiantes gardent le moral. À l’instar de Laure, elles préfèrent y voir une expérience enrichissante pour leur formation et leur futur métier: «Si ça revient, je sais comment je dois réagir et comment on doit tous agir. »

+ Découvrez notre reportage vidéo ci-dessus en tête de cet article



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