TOURNAI

PHOTOS | Cathédrale de Tournai: 850 ans et deux évêques réinhumés

850 ans jour pour jour après la dédicace de la cathédrale, on a fait mémoire, ce dimanche, de l’événement en y ajoutant une double réinhumation.

Célébrer les 850 ans de la consécration d’un lieu de culte catholique, c’est l’occasion pour Monseigneur Guy Harpigny de revenir, le temps d’une homélie sur l’histoire et l’avenir de la cathédrale de Tournai qui a tenu bon en traversant huit siècles et demi d’une histoire pourtant fort agitée.

«Comment se fait-il que, jusqu’à présent, aucun obstacle, n’a réussi à effacer cet édifice, s’interroge l’évêque. Même aux heures les plus noires de l’histoire, la Cathédrale a tenu bon. Des iconoclastes ont cassé en 1566; les Tournaisiens ont réparé, reconstruit. À la fin du XVIIIe siècle, on a cherché à vendre l’édifice pour lui donner un autre avenir; le concordat de 1801, entre Napoléon Bonaparte et le Pape Pie VII, a ouvert une restauration de fond en comble. Une tornade en 1999 a failli ébranler l’ensemble de l’édifice. Immédiatement, des efforts extraordinaires ont été mis en forme de décrets en vue d’une restauration digne du XXIe siècle.»

L’évêque, qui s’est mobilisé pour faire avancer ce vaste chantier au lendemain de la tornade, a tenu à remercier tous ceux et toutes celles qui ont joué et joueront encore un rôle pour que vive la cathédrale Notre-Dame de Tournai, en veillant à son entretien, à sa restauration et à sa signification dans le patrimoine de la société civile. «On ne peut qu’être en admiration devant les multiples générations d’êtres humains qui, en ce lieu, ont construit plusieurs églises depuis la fin du Ve siècle de notre ère, ajoute Mgr Harpigny. Ces êtres humains, des membres de l’Église pour la plupart, ont, génération après génération, construit, reconstruit, en raison d’incendies, de destructions, pour correspondre au développement des sciences de l’architecture, des évolutions culturelles et des trouvailles techniques de leur temps. Dans cet édifice, chaque étape de la construction a laissé des traces. Merci aux archéologues et aux historiens de nous livrer leurs découvertes.»

Un trésor davantage mis en valeur

Et d’ailleurs, l’évêque de Tournai souhaite mettre davantage en évidence le patrimoine de la Cathédrale. «Je veillerai à ce que nous mettions en route une procédure pour mieux mettre le trésor de la Cathédrale en valeur, annonce Monseigneur Guy Harpigny. Dans la mesure où les pouvoirs politiques financent, en très grande partie, l’entretien et la restauration de la Cathédrale, il va aussi de soi que l’édifice continuera à accueillir des événements culturels destinés à de larges publics. Nous sommes également fiers que la Cathédrale soit inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Raison de plus pour inventer des perspectives pour attirer les touristes et de les accueillir en les initiant, par des moyens qui ont considérablement gagné en efficacité grâce à la digitalisation, à des pans entiers de notre histoire, de l’histoire de la maison commune de l’humanité.»

 

 

Les deux évêques reposent à nouveau dans la cathédrale

L’office a été suivi par la cérémonie de réinhumation dans le chœur gothique de la cathédrale de Baudouin et Radbod II, évêques de Tournai du XIe siècle, dont les tombes avaient été mises au jour lors de fouilles en 2007 et dont les archéologues et historiens ont révélé certains secrets. «Radbod II nous a laissé la grande procession de Tournai, initiée au moment où une épidémie faisait des ravages à Tournai, en 1092», rappelle Mgr Harpigny.

En fin de célébration, les deux caisses en bois où reposent les ossements des deux évêques, très simples, portant seulement une croix et une plaque, ont rejoint le déambulatoire, proche du chœur actuellement en chantier. Ces deux cercueils seront descendus en début de semaine pour rejoindre les restes d’un autre évêque, Mgr Labis, enterré clandestinement lors de la Révolution française. Mgr Harpigny aurait aussi émis la volonté d’être inhumé dans cette partie de la cathédrale.

 


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