Opération sauvetage à Namur: le martinet à nouveau le bienvenu à la Haute École

Les travaux d’isolation ou de toiture menacent la nidification des martinets. Opération sauvetage à la Haute École Albert Jacquard.

Après un vol parfois long de dix mille kilomètres, les martinets retrouvent nos régions pour y confectionner leur nid douillet. Mais pour certains d’entre eux, fidèles à leur point de chute estival, la surprise est mauvaise.

« Il y a quelques jours, j’ai vu ces oiseaux qui ne cessaient de tournoyer sous la corniche, rappelle Matthieu Toussaint, professeur à la Haute École Albert Jacquard. Ils semblaient s’épuiser sans trouver vraiment le bon endroit où se poser. » L’enseignant est également guide nature et il a donc pris contact avec les équipes d’Aves et de Natagora. « Ces oiseaux nichent systématiquement aux mêmes endroits, à une hauteur minimale de cinq mètres, détaille Martine Wauters, pour Natagora. Ils peuvent se loger dans un tout petit trou du mur ou sous une corniche. Mais quand des travaux sont entrepris pour l’isolation ou la toiture, ces cavités peuvent disparaître.» Avec l’impact dramatique que l’on peut imaginer pour cet oiseau migrateur protégé.

C’est le scénario qui se présente sur les hauts bâtiments de la Haute école Albert Jacquard, en bord de Meuse où un important chantier de rénovation est en cours depuis des mois.

Matthieu Toussaint a donc donné l’alerte. Et l’opération sauvetage a été rapidement lancée. «Nous installons six nichoirs directement sous la corniche », décrit Joe Dewez, pour le club alpin de Namur. En duo avec Max Pépinster, les deux grimpeurs ont accroché les cordes et effectué les travaux d’altitude.

« Il ne fallait plus tarder, souligne Martine Wauters. Les martinets reviennent par groupes successifs. Si les adultes n’ont pas pu retrouver leur zone favorite, les jeunes “ados” qui suivent ont encore cet endroit en mémoire. Ils y reviendront donc les prochaines années pour y nicher.»

Si la fessée pédagogique est proscrite dans les écoles namuroises, les martinets seront par contre toujours les bienvenus chez Albert Jacquard.

 

Un retour à 60 km/h dans un petit trou

Au retour des beaux jours, le martinet a visiblement hâte de retrouver son «chez lui», en région namuroise. «Il a une très bonne mémoire des lieux et il peut donc arriver à 60 km/h pour rentrer dans un petit trou dans un mur», détaille Martine Wauters, pour Natagora.

Opération sauvetage à Namur: le martinet à nouveau le bienvenu à la Haute École
Le martinet peut passer plusieurs années en l’air. Mais pour nidifier, il doit trouver refuge. Aussi sous nos corniches. René Dumoulin

On peut donc imaginer les risques de carnage quand, d’une année à l’autre, l’entrée a été complètement rebouchée. «Le phénomène est encore bien plus grand aujourd’hui. Partout en Europe, on est en train d’isoler les maisons. On installe des échafaudages, on rebouche… Rares sont ceux qui pensent à préserver les lieux de nidifications de ces oiseaux migrateurs.»

Pourtant, la législation interdit de détruire un nid. «Et le DNF peut même intervenir pour obliger une remise en état », insiste Fabian Dormal, pour les ornithologues namurois d’Aves.

«On développe les contacts avec la Ville pour que l’on prenne ces éléments en compte quand on lance de gros chantiers», détaille le passionné.

Quand on replace de nouvelles corniches, on peut aussi faire disparaître des refuges potentiels pour ces oiseaux protégés. «On peut alors installer un nichoir plus bas. Il y a aussi les briques-nichoirs, c’est efficace et très facile à installer», insiste Martine Wauters. Et cela assure le retour de la famille «martinet» pour quelques années encore.

 

Plus d’infos auprès de Natagora Namur au 081/39 07 20.


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