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Le dioxyde de titane «pas sûr» en tant qu’additif alimentaire

Le dioxyde de titane «pas sûr» en tant qu’additif alimentaire

Image d’illustration RHJ - stock.adobe.com

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a estimé jeudi que le dioxyde de titane, connu aussi comme le colorant E171, ne pouvait plus être considéré comme sûr en tant qu’additif alimentaire.

Le E171 est un additif alimentaire sous forme de poudre, constitué de particules de dioxyde de titane. Il est utilisé dans divers aliments pour ses propriétés colorantes (pigment blanc) et opacifiantes. Il se retrouve dans les chewing-gums, les confiseries, les pâtisseries, les soupes et les sauces pour salades.

«En prenant en compte toutes les études et données scientifiques disponibles, le groupe a conclu que le dioxyde de titane ne peut plus être considéré comme sûr en tant qu’additif alimentaire», affirme un communiqué de l’EFSA, citant un haut responsable, le professeur Maged Younes.

«Un élément décisif pour arriver à cette conclusion a été que nous ne pouvions pas exclure les problèmes de génotoxicité après la consommation de particules de dioxyde de titane. Après une ingestion orale, l’absorption des particules de dioxyde de titane est faible, mais elles peuvent s’accumuler dans l’organisme», a-t-il ajouté.

La génotoxicité désigne la capacité d’une substance chimique à endommager l’ADN, le matériel génétique des cellules, rappelle l’EFSA dans son communiqué, précisant qu’elle a mené cette évaluation à la demande de la Commission européenne.

L’agence européenne pour la sécurité alimentaire précise que son évaluation sert uniquement à la Commission européenne et aux États membres qui sont les seuls à pouvoir prendre une décision concernant l’utilisation de cet additif.

Côté belge, «sur la base des conclusions de l’EFSA, des mesures de gestion de risque vont donc être décidées par la Commission européenne en collaboration avec les autorités sanitaires compétentes des États membres de l’UE», indique jeudi le SPF Santé publique sur son site internet. «À ce titre, le SPF Santé analyse en détails ce nouvel avis de l’EFSA et est en contact étroit avec la Commission européenne à laquelle il a demandé de réagir rapidement. Une réunion des experts en additifs des États membres doit se dérouler dans la deuxième quinzaine du mois de mai. Le SPF Santé donnera également un avis sur ces mesures aux ministres compétents», assure-t-il.

Pour l’heure, le Conseil supérieur de la Santé (CSS) belge considère que le dioxyde de titane est «un cancérigène possible (catégorie 2B)». La France a quant à elle interdit le dioxyde de titane l’année dernière comme additif alimentaire, car des chercheurs avaient établi que ce produit pouvait provoquer des lésions pré-cancéreuses chez des rats de laboratoire.

Certains groupes de défense des consommateurs demandent depuis plusieurs années que l’utilisation de ce colorant blanc soit progressivement abandonnée. Selon l’association belge Test Achats «l’avis rendu par l’EFSA est limpide». «Il ne laisse d’autre choix à la Commission européenne que de proposer la suppression du dioxyde de titane de la liste des additifs alimentaires autorisés. Nous l’invitons à s’y atteler le plus rapidement possible, et encourageons les fabricants à anticiper cette proposition en supprimant le dioxyde de titane de leurs produits», réagit jeudi la porte-parole de Test Achats, Julie Frère.

De son côté, le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) appelle la Commission européenne à se saisir de l’avis de l’EFSA pour «proposer rapidement aux États membres d’interdire l’E171» dans l’ensemble de l’UE, à la suite de la France. «L’additif E171 n’est pas nécessaire d’un point de vue technique, il est utilisé uniquement à des fins esthétiques, n’a aucune valeur nutritionnelle, ne permet pas aux aliments de se conserver plus longtemps», observe Camille Perrin, une experte du Beuc. «En bref, il n’apporte aucun bénéfice aux consommateurs, et comme l’exemple de la France l’a montré, les producteurs de l’agroalimentaire arrivent très bien à s’en passer», conclut-elle.

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