NAMUR

Namur: pour les puéricultrices, la couche est pleine

Les puéricultrices et accueillantes se sentent toujours oubliées. Elles l’ont à nouveau fait savoir mercredi, sur la place de l’Ange à Namur.

«Aux armes, nous sommes les puéricultrices, et nous sommes les oubliées.» Il n’y avait peut-être pas autant de supporters que dans l’enceinte du Standard de Liège mais les puéricultrices et accueillantes, réunies mercredi matin sur la place de l’Ange à Namur, ont réussi à faire du bruit. Pour elles, la couche est pleine. D’ailleurs, plusieurs crèches namuroises, dont l’ASBL Funny, ont décidé de fermer leurs portes pour marquer le coup. «C’est une première pour nous depuis la création de la structure d’accueil, commentent les puéricultrices. Depuis notre premier cri, début avril, le Gouvernement n’a pas bougé. On ne parle jamais de nous, nous n’entrons pas dans les personnes essentielles pour la vaccination alors que nous sommes en contact direct avec des enfants. Comment voulez-vous établir une distanciation avec des petits bouts? Nous n’avons reçu aucune prime de l’État alors que nous avons continué à accueillir les enfants depuis le début de la crise sanitaire. Nous sommes essentielles mais ça, le Gouvernement ne le reconnaît pas.» Il y a un ras-le-bol général. «La réforme des milieux d’accueil n’a toujours pas abouti. Nous sommes en manque de personnel, de budget.»

Et pour le vaccin?

Une partie des puéricultrices de la crèche Notre-Dame des Tout-Petits ont également poussé leur coup de gueule. Notamment par rapport à la vaccination. «Nous gardons les enfants du personnel soignant de la clinique Sainte-Elisabeth de 6h à 21h30. Donc le personnel peut être vacciné et pas nous alors que nous gardons leurs enfants? Et même quand il y a des doses en trop à l’hôpital, personne ne nous appelle. C’est un non-sens total partagé par les parents.»

Dominique, qui travaille comme accueillante chez Imaje en province de Namur, évoque l’épuisement depuis plusieurs mois. «On nous demande toujours plus avec moins de moyens alors que nous sommes en première ligne depuis le début.» Autre élément: l’absence d’un aménagement de fin de carrière. «Il n’y a rien. Du début jusqu’à la fin, nous travaillons de la même manière. Ne serait-il pas temps, aussi de nous reconnaître comme métier lourd ou d’imposer des études, un baccalauréat, pour être mieux reconnues au sein de la société?» Ce qui est certain, c’est que le chantier du secteur de la petite enfance est vaste. D’autres ont également dénoncé, mercredi, «Un salaire de misère alors que nous sommes essentielles pour la société.» Et, enfin, un manque de places criant qui ne laisse pas la possibilité, aux nouveaux parents, de choisir leur milieu d’accueil. «C’est un vrai parcours du combattant qui ne devrait pas exister», conclut Sylvie Derbaix, accueillante et déléguée syndicale CNE.


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