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À Mons, la danse réveille les lieux oubliés par la crise

À Mons, la danse réveille les lieux oubliés par la crise

Des petites danseuses du Dance Center ont réveillé la Maison Folie durant une heure. Ugo PETROPOULOS

L’école de danse montoise le Dance Center prend possession, le temps d’une danse, de lieux dits «non-essentiels». Une initiative artistique pour relancer l’école et soutenir les secteurs touchés par la crise, en rappelant qu’ils existent toujours.

Comme tous les lieux culturels, cela fait 14 mois que la Maison Folie de Mons est endormie. Mais ce mercredi, elle a brièvement été sortie de sa torpeur: une heure durant, deux groupes de petites danseuses se sont succédé pour réaliser une chorégraphie filmée.

Ce petit intermède artistique qui a brièvement éclairé la salle privée d’animation depuis mars 2020 a été offert par le Dance Center, une école de danse montoise qui s’est lancée dans une tournée particulière: celle des lieux oubliés.

«Nous nous produisons dans des lieux qui d’une manière ou d’une autre, ont été impactés par la crise», explique Stéphanie Clist, chargée de communication du Dance Center.

«Le but est de réanimer ses lieux oubliés le temps d’une danse, leur donner un peu de vie, une forme de visibilité pour les aider dans leur relance.»

À Mons, la danse réveille les lieux oubliés par la crise
Le Dance Center a transformé la Maison Folie en piste de danse pour une heure. Ugo PETROPOULOS

Des lieux comme la Maison Losseau, le Mundaneum, ou encore le bar Citizen Fox ont déjà déroulé le tapis de danse. «On va également se produire dans une école de cirque et à la Mons Arena pour marquer notre soutien au monde sportif», en plus de celui à la culture et à l’horeca.

Si les vidéos des prestations ne sont pas encore visibles, l’initiative a déjà séduit. «On a déjà eu énormément de retombées, on ne s’attendait pas à cet intérêt pour ce projet, avec lequel nous voulions porter un message, pas juste faire des danses, mais qu’il y ait aussi une dimension symbolique.»

Des danses pour la relance

À côté du coup de pouce aux secteurs en détresse, l’opération doit aussi aider le Dance Center à se relancer, après avoir perdu de vue la moitié de ses élèves. Sur 600 danseurs, 300 seulement ont pu continuer à suivre des cours, soit les moins de 12 ans.

«Cette crise nous a éloignés de nos élèves et ce projet nous a permis de recréer du lien avec eux et nos professeurs, avec un objectif commun. Ces élèves sont enchantés par ce projet et ça leur a donné une forme de vie. Le gala, qui est l’objectif de l’année, a déjà dû être reporté quatre fois, le moral des troupes était un peu au plus bas. Ce projet nous permet de rebooster tout le monde et de redonner du sens à ce qu’on fait.»

Les tournages se dérouleront jusqu’au 6 juin. Outre les lieux déjà cités, ils prendront aussi pour cadre le Théâtre Royal de Mons, le BAM, l’Auberge de jeunesse ou encore la Piscine du Grand Large. La diffusion des capsules vidéos commencera ce jeudi sur les réseaux sociaux du Dance Center et se poursuivra jusqu’à la fin juin. 50 séquences sont prévues.

«La danse, ce n’est pas fait pour être pratiqué derrière un écran»

Si pour les élèves cette activité constitue une bouffée d’oxygène, c’est également le cas pour les professeurs et l’école de danse, plongée dans l’incertitude complète. «On ne sait pas de quoi sera faite la rentrée. Les ados et adultes seront-ils là? Après 7 mois d’arrêt, ils n’ont plus l’habitude de venir chez nous», s’interroge Stéphanie.

Si certains professeurs ont essayé de garder le contact avec les élèves, les cours n’ont pas pu se poursuivre à distance. «On a essayé les cours en virtuel, ça a marché au premier confinement, mais plus au second. Ce n’est pas ça que les ados recherchent. La danse, ce n’est pas fait pour être pratiqué derrière un écran.»

Isabelle Cardinal, prof et assistante de direction, abonde. «La danse à distance, c’est pratiquement impossible. Pour certains cours, il faut de l’espace, il ne faut pas vivre en appartement. Certains exercices doivent être surveillés par un professionnel et tout le monde n’a pas non plus accès à la technologie. Bref, c’est assez compliqué.»

Après 7 mois d’arrêt, il est temps de rallumer les projecteurs des salles de danse, pour les responsables du Dance Center. Pour la survie des clubs, mais surtout pour le bien-être de leurs affiliés.

«On a essayé de se réinventer, mais il faut envoyer des signaux pour les clubs. Il y a moyen d’exercer la danse sans se toucher, on peut mettre en place des choses pour que ces ados puissent continuer à s’épanouir dans la danse. C’est leur passion.», conclut Stéphanie.

À Mons, la danse réveille les lieux oubliés par la crise
Le Dance Center a transformé la Maison Folie en piste de danse pour une heure. Ugo PETROPOULOS


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