POMMERŒUL

Pommeroeul : la noyade était-elle vraiment accidentelle ?

Pommeroeul : la noyade était-elle vraiment accidentelle ?

Le jeune homme s’est noyé dans le canal Nimy-Blaton et est décédé 4 jours plus tard à l’hôpital Érasme après un second arrêt cardiaque. ÉdA – 501194599483

Mickey, 17 ans, a perdu la vie suite à une noyade dans le canal Nimy-Blaton le 1er août 2014. Ses parents ne croient pas à l’accident.

Une affaire, pourtant classée sans suite initialement, est arrivée devant le tribunal correctionnel de Tournai. Elle concerne les circonstances qui entourent la mort de Mickey, 17 ans, décédé quelques jours après s’être noyé dans le canal Nimy-Blaton, à Pommerœul, le 1er août 2014.

Cette noyade a toujours été considérée comme accidentelle, mais les parents de l’adolescent n’y croient pas. Ils poursuivent deux des amis de leur fils qui étaient présents lors de l’incident et qui, selon eux, auraient poussé le jeune homme dans l’eau sans l’aider à s’en extraire.

L’avocate des parents – qui se sont constitué parties civiles – a rappelé que les deux amis de Mickey étaient passés aux aveux, ce que des témoins ont confirmé par écrit.

«Mais voilà, ces témoignages n’ont pas été pris en compte car ils auraient été écrits sous la contrainte », explique l’avocate qui ne croit pas à cette «contrainte».

L’un aurait un alibi: «Il racontait qu’il était à l’anniversaire de son oncle et qu’il s’en souvient bien car il a fait un malaise et s’est retrouvé à l’hôpital d’Hornu. Or c’est quinze jours plus tard qu’il y était et non le 1er août. Il a ensuite corrigé sa version et mentionné un autre hôpital, mais là encore sa visite n’a pas eu lieu à la date de l’incident. Son alibi ne tient pas la route. Sa sœur a même déclaré que son frère était bien au canal», insiste l’avocate.

Mickey avait peur de l’eau

Un autre argument avancé par l’accusation vise la peur incontrôlée de la victime pour l’eau. « Mickey ne savait même pas nager! De plus, il n’aimait pas se mettre en avant, alors il n’aurait pas pu sauter dans l’eau pour épater la galerie. Aucune raison personnelle ne l’aurait poussé à se jeter dans le canal. S’il voulait se rafraîchir, il aurait simplement pris l’échelle qui se trouvait à proximité pour descendre prudemment dans l’eau. La seule explication possible c’est qu’il a été poussé!»

De plus, pour l’accusation, il ne fait aucun doute que personne n’est venu en aide à Mickey lors de sa noyade. «Celui qui affirme s’être jeté à l’eau pour le sauver n’en avait pas l’air à l’arrivée des secours. Il était assis sur le bord du canal… Aucun “ ami ” de la victime n’a appelé le 100, ce sont des témoins extérieurs qui ont donné l’alerte.»

L’avocat de la défense a expliqué que si son client était assis «c’est parce qu’il récupérait d’avoir tenté de secourir son ami. Il a dû sortir de l’eau parce que Mickey, paniqué, risquait de le couler également.»

Pas d’éléments concrets

Le Procureur du Roi ne va cependant pas dans le sens des parties civiles: «Il y a eu une enquête du juge d’instruction. Aucune trace de lutte n’a été constatée sur le corps de la victime.

Le test polygraphe négatif montre bien que les attestations présentées sont des faux; certaines ont dû être signées sous la contrainte ou portent de fausses signatures.

Nous n’avons pas d’éléments qui contrediraient la thèse de l’accident.»

15 000 euros de dommages sont réclamés par les parents de Mickey. La présidente du tribunal devra décider si oui ou non les arguments apportés par l’accusation sont suffisants pour effacer le doute qui doit bénéficier aux prévenus. Le jugement sera rendu le 31 mai.