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Le plan wallon pour attirer les jeunes vers l’économie sociale

Le plan wallon pour attirer les jeunes vers l’économie sociale

Avec des fondamentaux liés à une société plus durable et solidaire, l’économie sociale peut séduire les jeunes. JackF – stock.adobe.com

La Wallonie veut promouvoir l’entrepreneuriat social auprès des jeunes. Parce qu’il y a des opportunités à saisir dans une économie plus durable.

On ne parlera pas de révolution sociétale post-Covid ni du monde d’après pandémie. Parce que l’économie sociale ne date pas d’hier et que plutôt qu’une révolution subite, ils sont déjà des milliers à faire évoluer une partie de l’activité économique vers des valeurs plus éthiques, solidaires et durables.

Il n’empêche, l’économie sociale est à l’agenda de tous les plans de relance, qu’ils soient européen ou régional. Et ce mardi, la ministre wallonne de l’Économie sociale a enfoncé le clou en lançant à destination des jeunes 18-35 ans une vaste campagne de promotion de ce modèle économique. Modèle économique qui, souligne Christie Morreale, «fera partie des outils de reconquête et de reconstruction de notre économie».

Un pari qui n’est pas fou puisque les entreprises d’économie sociale ont globalement mieux résisté à la crise économique provoquée par la pandémie. Certains de ses secteurs, comme les circuits courts de l’alimentation, tirant même leur épingle du jeu à la faveur d’un retour – certes forcé par le confinement – aux choses plus essentielles.

Mais parce qu’en économie sociale aussi, qui n’avance pas recule, la Wallonie veut, via son plan “Get Up Wallonia”, veut booster ce secteur et le faire grandir. Toutefois, si la rentabilité y fait aussi partie du jeu, en économie sociale grandir n’est pas absolument synonyme de plus de chiffres d’affaires et de bénéfices. Il s’agit plutôt de réseauter, de connecter, de mutualiser et de partager les expériences et les expertises pour multiplier les structures pour élargir ce tissu économique solidaire et éthique et aussi toucher un public plus large.

«Il faut casser cette image de structures de niches», dit la ministre Morreale. Qui concrètement, illustre son propos avec le projet de plateformes logistiques pour les circuits courts qui permettra de distribuer plus largement les produits de petits maraîchers dans le cadre de la relocalisation alimentaire. La Wallonie a prévu 62 millions pour ces structures.

Ce type d’outil doit donc aussi encourager les jeunes à se lancer dans l’entrepreneuriat social, eux qui sont déjà plus sensibles à une consommation plus durable et qui ont montré, notamment les mobilisations pour le climat, qu’ils sont prêts à jouer un rôle actif dans la transition vers une société plus inclusive et durable. La campagne de promotion de l’économie sociale et des soutiens publics possibles pour s’y lancer sera menée en deux vagues, dont la première est désormais lancée. Elle prendra la forme d’affiches mettant en lumière les fondamentaux de l’économie sociale et de spots radio ainsi que des messages sur les réseaux sociaux.

Un secteur qui représente 1 emploi sur 8 en Wallonie

En Wallonie, l’économie sociale représente 1 emploi sur 8. Ce sont 150 000 emplois et 6 600 entreprises. Et c’est aussi dans ce secteur qu’est créé un emploi sur cinq.

En dégageant 16 millions d’euros de son plan de relance en vue de soutenir la création, la croissance et l’innovation sociale de ces entreprises d’économie sociale, la Wallonie veut montrer qu’il y a encore de la place pour de jeunes entrepreneurs dans ce modèle économique. Cinq secteurs clés ont été identifiés: l’énergie, l’économie circulaire, les circuits courts, le logement social et la culture.

La campagne de promotion de l’économie sociale doit aussi permettre de faire connaître aux jeunes qui veulent se lancer des outils comme les six agences conseils de Wallonie ainsi que W.Alter, l’agence wallonne qui soutient déjà financièrement 140 sociétés représentant 7 000 emplois.

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