JUDICIAIRE

Les voisins de Paulette sont traumatisés par le crime

Les voisins de Paulette sont traumatisés par le crime

Le procès a lieu à Mons. BELGA

La cour d’assises de Hainaut consacre la journée à l’audition des témoins dans le cadre du procès de Thomas Lesire, accusé d’avoir tué Paulette Delpire à la Cité Heureuse à Châtelet, le 31 mai 2019. Les voisins de la victime sont restés traumatisés par ce crime.

Le 31 mai 2019, vers 22 heures, Paulette Delpire était encore en vie. Un voisin, qui était dehors, se souvient l’avoir vue sur son balcon, elle semblait inquiète, ne souriant plus comme d’habitude. Au même moment, le voisin de palier de Paulette revenait de la messe.

«Mon cousin m’a dit qu’on était allé frapper à la porte de Paulette. Je suis sorti et j’ai vu un jeune homme devant la porte, il avait une bouteille de vin en main. Il m’a dit que Paulette l’avait appelé pour lui ramener une bouteille de vin. Je lui ai dit de me la donner, mais il insistait en frappant à la porte. Alors que je rentrais chez moi, Paulette lui a ouvert la porte». Le témoin n’avait jamais vu cet homme auparavant. «Il était calme, serein», et il ajoute que Paulette n’avait pas l’habitude de revoir des visites si tard.

Je n’ai pas vu son regard, car il descendait en baissant la tête. Il descendait très vite et sentait l’alcool

Plus tard, une voisine de Paulette, qui vivait au rez-de-chaussée, se souvient avoir entendu des bruits, mais elle ne s’est pas inquiétée, car cela arrivait quelques fois dans l’immeuble. Plus tard, elle a entendu crier «Paulette, Paulette», c’était une jeune fille qui vivait à l’étage du dessus. Elle est sortie et elle a croisé un individu, qu’elle désigne comme étant Thomas Lesire, qui descendait très vite les escaliers. Il lui a dit que Paulette avait fait un malaise, une chute de tension, et il a pris la fuite. Cette dame a appelé le petit-fils de la victimequi dinait dans un restaurant avec une amie.

Elle a déclaré devant la cour que l’accusé portait un pull noir et qu’il avait une capuche sur la tête. «Je n’ai pas vu son regard, car il descendait en baissant la tête. Il descendait très vite et sentait l’alcool». Cette femme vit toujours au même endroit et dit être incapable de monter au premier étage, où vivait Paulette. «C’était une femme coquette, une bonne voisine, une très bonne femme? Je ne comprends pas? Je ne comprends pas».

Je me suis couchée par terre pour écouter, Paulette criait trois fois au secours puis, arrête Thomas à deux reprises

Au dernier étage de l’immeuble, une jeune fille a entendu Paulette crier au secours. Accompagnée de sa maman, la mineure a déclaré qu’elle pensait que les cris venaient de chez ses voisins, alcooliques, mais ce n’était pas le cas. «Je me suis couchée par terre pour écouter, Paulette criait trois fois au secours puis, arrête Thomas à deux reprises. J’ai entendu qu’on bougeait des meubles. Je suis descendue et j’ai frappé à la porte. Un homme a ouvert, ce n’était pas son petit-fils. J’ai demandé comment Paulette allait, il m’a dit, en bégayant, que ça allait, qu’elle avait fait une chute de tension».

La jeune fille n’a pas vraiment regardé cet homme, s’intéressant plus à Paulette qu’elle décrit comme une gentille femme. Elle se souvient qu’il avait un sweat avec une manche bleue, une capuche et un jean noir. Toutefois, elle se souvient avoir vu cet homme promener le petit chien de la victime, le soir des faits vers 20h30. Elle se souvient que cet homme avait les cheveux courts, les yeux noisette et qu’il transpirait beaucoup.

Comme la porte de l’appartement de Paulette était fermée, et que la clé était coincée dans le barillet, les voisins ont défoncé la porte d’entrée à coup de masse. À l’intérieur, le petit-fils de la victime était en pleurs, près du corps de sa grand-mère. Les témoins restent traumatisés par ce qu’ils ont vu. «Voir Paulette dans cette mare de sang, cela m’a fait mal au cœur. C’était une femme formidable, elle était pour moi une mère», dit le voisin de palier.

Le médecin légiste estime que le décès est survenu entre 22h24 et 23h30.

A 23h50, Thomas Lesire envoyait un SMS à son collègue, «Gros tu fais koi» et «Faut que tu me sauves la vie très urgent» à 23h51. Le 1er juin 2019 à 0h01 et à 0h21, Thomas a fait deux appels en absence sur le téléphone de son collègue. «Je n’ai pas répondu et je n’ai pas cherché à savoir vu que Thomas est un peu spécial. En effet, il boit beaucoup d’alcool, fume des joints et prend de la cocaïne, qu’il achète dans le parc de Châtelet».