LIÈGE

«Halte aux cadences infernales!»: la colère des infirmiers du bloc opératoire et des salles de réveil du CHC MontLégia, à Liège

«On se retrouve avec un programme opératoire surchargé, du personnel soignant fatigué, des départs, des absences, et nous voilà à travailler en nombre réduit, à ne pas savoir fournir un travail de qualité.»© Eda Thomas LONGRIE

À Liège, le personnel du bloc opératoire et des salles de réveil du CHC MontLégia a observé ce mardi matin un arrêt de travail d’une heure pour dénoncer leurs conditions de travail.

«Halte aux cadences infernales! On veut plus de mains pour l’humain.» Les pancartes portées à bout de bras par le personnel infirmier du bloc opératoire et des salles de réveil de la clinique du CHC MontLégia, à Liège, donnent le ton. Le ras-le-bol est perceptible parmi la cinquantaine de personnes réunies ce mardi matin devant le centre hospitalier dans le cadre d’une action de protestation visant à dénoncer les conditions de travail devenues insupportables. Et ce, par manque de personnel infirmier, de brancardage, de nettoyage et de logistique.

On n’arrête jamais, on est comme dans une usine.

À 7h30, le personnel, soutenu par la CNE-CSC, a donc observé un arrêt de travail d’une heure. «Au sein du réveil où je travaille comme infirmière, on n’arrête jamais, on est comme dans une usine», s’exclame Zohra Oulad, déléguée syndicale. «En raison de la crise sanitaire du coronavirus, on a dû annuler des opérations non urgentes. On doit désormais reprogrammer tous les cas qui ont été annulés. On se retrouve avec un programme opératoire surchargé, du personnel soignant fatigué, des départs, des absences, et nous voilà à travailler en nombre réduit, à ne pas savoir fournir un travail de qualité. Nos valeurs ne sont plus du tout en accord avec notre métier. On a donc besoin de personnel supplémentaire pour assurer nos missions. On nous dit au sein de la direction qu’on est trop nombreux, alors que ce n’est pas le cas devant la charge de travail à accomplir.»

Des personnes quittent l’hôpital, parce qu’elles se disent qu’elles ne peuvent plus travailler dans de telles conditions.

«Halte aux cadences infernales!»: la colère des infirmiers du bloc opératoire et des salles de réveil du CHC MontLégia, à Liège
© Eda Thomas LONGRIE
Devant la clinique, qu’ils soient des salles de réveil ou du bloc opératoire, ils partagent le même sentiment. Celui d’être épuisé, aussi bien moralement que physiquement. Les mines des manifestants attestent de cet état de fatigue. Pas de temps de table, des pauses à rallonge: autant dire que les griefs ne manquent pas. À tel point que des membres du personnel diminuent leur temps de travail, parce qu’ils n’arrivent pas à tenir la longueur, et «des personnes quittent l’hôpital, parce qu’elles se disent qu’elles ne peuvent plus travailler dans de telles conditions». Même les médecins et chirurgiens se joignent au mouvement de protestation, ce mardi matin, pour montrer leur solidarité.

Soit des solutions sont apportées très rapidement, soit d’autres actions suivront.

Les représentants du personnel rencontreront prochainement la direction du CHC, dans le cadre de l’utilisation du fonds «Blouse blanche», en vue de procéder à l’engagement de 67 équivalents temps plein pour l’ensemble du groupe CHC. La réunion est prévue le 20 mai prochain, avec la direction générale ainsi qu’avec la direction des soins infirmiers.

Les problèmes d’effectifs dans les blocs opératoires et en salles de réveil y seront bien évidemment abordés. «Nous réclamerons un équivalent temps plein par service pour améliorer le bien-être du personnel et la qualité des soins», précise Nicolas Cahay, secrétaire permanent CNE. «On a besoin de bras supplémentaires, il n’est pas question de faire des pauses de 15 heures alors que l’argent est là.»

Et la délégation syndicale CNE-CSC de prévenir: «Soit des solutions sont apportées très rapidement, soit d’autres actions suivront».

«Halte aux cadences infernales!»: la colère des infirmiers du bloc opératoire et des salles de réveil du CHC MontLégia, à Liège
«Soit des solutions sont apportées très rapidement, soit d’autres actions suivront», prévient la délégation syndicale. © Eda Thomas LONGRIE