FOOTBALL

Jason Bola «Je vais bien, ne vous stressez pas»

Jason Bola «Je vais bien, ne vous stressez pas»

Yves Bircic

On a pris des nouvelles du médian de Verlaine, gravement blessé hier. Et? Il va bien.

Un match entre potes comme il y en a beaucoup d’autres en cette période. Un craquement, puis une chute. Seul même pas dans un duel. Jason Bola est le premier d’une série qui pourrait être longue en cette période de vaches maigres pour les joueurs de foot privés de compétition. Sans sport collectif depuis des mois, les joueurs font ce qu’ils peuvent pour rester dans le coup. Le médian de Verlaine a tenté de garder le rythme. Avec, au final, une petite catastrophe pour lui: une rupture d’un tendon d’Achille. Sa saison 2021-2022 est déjà compromise. Zut.

Jason Bola, tout d’abord, la question tombe sous le sens: comment allez-vous?

Je vais bien, ne vous inquiétez pas. Tout va bien. Cela pourrait être pire. D’autres sont plus mal que moi. Je reste positif et je sais que ça va aller. Il me faudra être patient, mais c’est la vie.

Comment ça s’est passé?

En plus de mes 2 à 3 séances par semaine de course individuelle, j’ai décidé de jouer quelques petits matchs ce dimanche. Je me suis alors rendu sur un terrain à Huy avec des amis dans le cadre de cinq contre cinq. J’en étais à mon 5e match quand j’ai entendu un bruit bizarre. Je me suis écroulé, mais je n’avais pas plus mal que ça en fait. Le gars qui était juste à côté de moi au moment de la blessure a fait une drôle de tête (rires). Mais, ça allait malgré tout.

On imagine que vous deviez être impressionné?

Non parce qu’on ne voyait rien à l’extérieur. Par contre, à l’intérieur, j’ai passé mon doigt et j’ai vu un trou. D’autres qui étaient avec moi l’ont fait aussi. C’était assez impressionnant. Vu l’urgence de la situation, on m’a donc conduit en voiture au CHU. J’ai passé un examen qui a confirmé ce que je craignais: une rupture du tendon d’Achille. J’ai alors été opéré en urgence à minuit. Tout s’est bien passé. On ne m’a pas endormi totalement. À 3h du matin, j’étais de retour dans ma chambre.

Cette blessure, c’est la faute à quoi?

Bonne question et c’est très compliqué à dire. Le docteur qui m’a opéré a évoqué plusieurs facteurs. Il y a d’abord le fait que mon tendon, à la base, était abîmé. Ensuite, il y a aussi le fait que je n’ai plus joué depuis plusieurs mois à un bon rythme même si je m’étais bien échauffé. Ou encore que j’ai fait trop d’efforts ces derniers jours. Enfin, c’est peut-être dû à la déshydratation. Je ne sais pas et on ne le saura jamais en fait.

Vous voilà devant une pénible convalescence accompagnée d’une longue rééducation…

En effet. Je suis très croyant et j’espère que Dieu va m’aider dans cette épreuve que je vois comme un signe pour me rendre plus fort. Là, j’en ai pour deux semaines de plâtre sans poser le pied au sol, six avec une attelle, puis on commencera la revalidation d’abord sur un sol stable, puis moins stable. Je vais devoir y aller doucement. Si tout se passe comme prévu, je suis de retour en octobre ou novembre prochain. Dans mon malheur, j’ai de la chance car, là, ce sont des mois un peu vides qui m’attendent. Donc, je vais pouvoir bosser dans mon coin tranquillement pour revenir encore plus fort. J’ai reçu, depuis, beaucoup de marques de soutien et de l’aide à l’hôpital, notamment Jonathan Lefèvre qui est à la fois infirmier au CHU et mon coordinateur à Seraing.

Marc Segatto a dû vous tirer les oreilles…

(rires) Vous connaissez mon coach, il ne mâche pas ses mots. Mais ça va, il ne m’en veut pas de trop. Il a compris la situation. Il sait que je voulais avant tout garder le rythme. Et il compte plus que jamais sur moi. Car, à 26 ans, ma carrière est loin d’être finie.

Le hasard fait étrangement les choses: vous vous blessez gravement alors que votre club de cœur, Seraing où vous êtes formateur U11, est peut-être sur le point de monter en D1A…

En effet. J’espère qu’ils vont le faire. Et ils vont le faire. On va gagner là-bas à Waasland 1-2. Seraing est la ville où j’habite et le club de mon cœur, plus encore que le Standard. On le mériterait, tout le club se bat pour y arriver. Notamment mes potes Moulhi, avec qui je me suis préparé, et autres. On a une belle structure avec 41 gamins en élites 2. C’est le pied.