NATURE

Les abeilles préfèrent les fleurs au nectar pas trop sucré, montre une étude de l’UMons et de l’ULB

Les abeilles préfèrent les fleurs au nectar pas trop sucré, montre une étude de l’UMons et de l’ULB

Lisa – Pexels

Les abeilles se nourrissent du nectar qu’elles collectent en butinant les fleurs grâce à leur langue décorée de très longues papilles. Des chercheurs de l’ULB et de l’UMons se sont penchés sur ce mécanisme de capture de fluide pour montrer qu’il est efficace seulement si le nectar n’est pas trop sucré.

Les abeilles sont de paisibles butineuses qui contribuent à la pollinisation des plantes à fleurs lors de leur collecte de nectar. Ce liquide sucré, qui leur procure l’énergie nécessaire pour vivre, est prélevé grâce à leur langue qu’elles y plongent cinq fois par seconde.

Plus la teneur en sucre du nectar est élevée, plus son apport énergétique est important. Pour augmenter leur pouvoir d’attraction des insectes et ainsi leur chance d’être pollinisées, les plantes devraient donc produire le nectar le plus sucré.

Mais en réalité, sa concentration en sucre dépasse rarement 60%. La raison de cette limitation est à chercher du côté du mécanisme de capture lui-même. Des mesures in vivo effectuées en laboratoire montrent en effet qu’au-delà de cette limite, les abeilles capturent moins de nectar à chaque lapement.

Comme les poils d’un pinceau

L’étude menée par des chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles et de l’Université de Mons, qui parait dans la revue scientifique américaine PNAS, montre que lorsque la langue est immergée dans le nectar, les papilles s’ouvrent comme le feraient les poils d’un pinceau. La présence de ces excroissances permet donc d’emprisonner une quantité plus importante de nectar par rapport à une langue qui en serait dépourvue.

Ces mêmes expériences montrent cependant que cet atout morphologique ne joue plus aucun rôle lorsque la teneur en sucre du nectar dépasse une valeur critique. En effet, lorsque la concentration en sucre augmente, la viscosité du liquide croît rapidement et empêche les papilles de s’ouvrir complètement avant que la langue ne se retire du nectar.

L’équipe de recherche montre que la valeur précise de la concentration limite en sucre est déterminée par le rapport entre la longueur et le diamètre des papilles. «Une corrélation entre la morphologie des langues d’abeille et la viscosité du nectar qu’il aurait été difficile de prédire a priori et qui met en évidence un processus de coadaptation des plantes et de leurs pollinisateurs», précisent les équipes universitaires.