NAMUR

Xavier Van Dam sera jugé en assises

Xavier Van Dam sera jugé en assises

Xavier Van Dam (au milieu) ne se souvient que d’une partie des faits. ÉdA – Florent Marot

Ce lundi, la chambre des mises en accusation de Liège a décidé de renvoyer Xavier Van Dam, inculpé de l’assassinat de Wivinne Marion, devant la cour d’assises de Namur.

L’arrêt de la chambre des mises en accusation de liège est tombé, lundi après-midi. Xavier Van Dam sera jugé devant la cour d’assises de Namur pour l’assassinat mais aussi le viol avec séquestration de Wivinne Marion. Ce n’est évidemment pas une surprise mais cet arrêt met fin à la procédure d’instruction du dossier.

«Le procès va enfin pouvoir se tenir, c’est une étape primordiale, vitale pour la famille, commente Me Marc Preumont, avocat de la partie civile. Qu’importe la décision finale, c’est une histoire dont on ne peut jamais s’en remettre. Il n’y a plus de maman, plus d’épouse.»

Attaquée par surprise

Le matin du 1er novembre 2018, Wivinne Marion était partie faire son jogging dans les rues de Boninne. C’est là qu’elle a croisé la route de Xavier Van Dam. «Puisque ce dernier a toujours expliqué qu’il ne se souvenait de rien, il est impossible de dire avec précision ce qu’il s’est passé. La seule chose qui est certaine, selon les différentes expertises, c’est que la victime a été attaquée par surprise. Pourquoi? Car il n’y a pas la moindre lésion de défense. Il est impossible de dire s’il l’a agressée par l’avant ou par l’arrière. On peut supposer, déduire logiquement, qu’elle a reçu directement un coup, qu’elle a été assommée. Mais où exactement? C’est impossible à dire vu le nombre de coups qu’elle a reçus. Faute de récit, nous sommes obligés de penser au plus probable.»

«Un prédateur qui est tombé sur sa proie»

Wivinne Marion et Xavier Van Dam n’avaient aucun lien. Mais alors comment expliquer ces faits? «C’est le prédateur qui est tombé sur sa proie, ajoute Me Preumont. Il guettait, il surveillait. Puis il est tombé sur sa victime.»

Quant au trou noir qu’évoque Xavier Van Dam depuis le début de l’instruction, avant qu’il ne retrouve ses esprits à Onoz où il dit avoir découvert le corps de la victime dans son coffre, Me Preumont considère que c’est un confort pour l’accusé. «Comment, de toute façon, pourrait-il expliquer l’inexplicable? Ce sont les faits d’un prédateur. Dans d’autres dossiers, les accusés diront qu’ils ont agi par vengeance, par haine voire passion. Mais ici, que voulez-vous qu’il explique? Qu’il a eu subitement envie de tuer et violer une femme?»

Aucune date n’a encore été fixée pour le procès. Mais ça ne devrait pas traîner. Pour Me Preumont, il ne devrait pas non plus s’éterniser. «Si ce dossier est épouvantable, il n’est, juridiquement et procéduralement, pas compliqué. Les faits sont établis, il n’y a pas de contestation. S’il a fallu patienter pour voir, enfin, la fin de l’instruction, c’est parce que la défense de Xavier Van Dam a contesté le premier rapport d’expertise. Et, au final, ça n’a rien changé.» Contacté ce lundi, l’avocat de Xavier Van Dam, Me David Toussaint, n’a pas donné suite à nos appels.