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Mons: où trouver de l’aide en cas de détresse psychologique?

Mons: où trouver de l’aide en cas de détresse psychologique?

Illustration Reporters/Phanie

La crise sanitaire met à mal notre santé mentale. Le CPAS de Mons ouvre une cellule d’écoute, en complément à d’autres services.

Si le coronavirus met les hôpitaux et les soins intensifs sous pression depuis plus d’un an, le contexte sanitaire qui se prolonge a de plus en plus de conséquences en termes de santé mentale.

C’est dans cette optique que le CPAS de Mons activera dès ce 4 mai une cellule bien-être. Celle-ci consistera en une permanence téléphonique afin d’amener un soutien, un accompagnement et une orientation vers les structures adéquates. Des ateliers collectifs seront également mis en place suivant les règles d’hygiène en vigueur actuellement. Cette cellule sera accessible les mardis et jeudis de 8 h 00 à 12 h 00 par téléphone au 0471 66.64.51.

Elle sera complémentaire au projet «Deter» à destination des jeunes de 15 à 25 ans de Mons-Borinage, mis en place par le CHUPMB Ambroise Paré. Il s’agit d’un service gratuit d’écoute, de soutien et de réorientation. Toute personne ayant une inquiétude pour un proche faisant partie du public cible peut également contacter le service.

La cellule «Deter» est accessible par SMS ou Whatsapp du lundi au vendredi de 9 h 00 à 16 h 00 au 0485/67.36.64 ou en envoyant vos coordonnées par mail à deter@hap.be.

Ados et jeunes adultes en première ligne

Il y a quelques jours, l’Université de Mons tirait un bilan d’un an de fonctionnement du site internet «Home Stress Home», lancé par des chercheurs de la Faculté de psychologie et la Faculté de médecine. L’objectif de ce site est de mesurer l’anxiété chez les 3-25 ans, en lien avec l’épidémie de Covid-19.

Il apparait, au regard des données collectées, qu’entre mai 2020 et fin août 2020, 31,5% des ados répondants montraient des symptômes d’anxiété tandis que 37,8% montraient des symptômes de dépression.

Chez les jeunes adultes, ils étaient 38,5% à montrer un stress important, 40,38% à avoir des symptômes d’anxiété et 38,7% présentaient des symptômes de dépression.

La situation semblait avoir moins d’impact sur les enfants puisque seulement 12.4% montraient des symptômes d’anxiété et 16.5% des symptômes de dépression.

Par ailleurs, les chercheurs ont observé une augmentation nette au fil du temps du nombre de personnes présentant des symptômes d’anxiété et de dépression dans les groupes adolescents et jeunes adultes.

Entre septembre et fin décembre, 47,8% des adolescents avaient des symptômes d’anxiété et 56,5% de dépression. Chez les jeunes adultes 47,8% étaient stressés, 52,5% avaient des symptômes anxieux et 59,1% présentaient des symptômes dépressifs, faisant passer le nombre de personnes en souffrance psychologique de 2 à 3 sur 5.

Chez les ados, l’anxiété ne baisse pas et les symptômes dépressifs augmentent

En analysant ses données, l’équipe de recherche a pu constater que les enfants et les ados subissent la crise différemment. «L’augmentation des symptômes dépressifs et anxieux est importante pour les enfants les mois correspondants à des confinements, mais ils redescendent aussi très rapidement lors des déconfinements», note-t-elle.

«A contrario, chez les adolescents et les jeunes adultes nous pouvons voir des augmentations significatives au cours des mois correspondants aux confinements, mais ces niveaux ne redescendent pas ou peu par la suite.»

Cette pérennisation des symptômes anxieux et dépressifs chez les jeunes adultes «pourrait être mis en relation avec le fait que les mesures concernant les adolescents et les jeunes adultes n’ont pas connu de relâchement depuis le mois d’octobre 2020 (école en semi-présentiel ou en code rouge, interdiction des activités extrascolaires).»

Au fil du temps, nous voyons un glissement des sentiments exacerbés de peur vers de la tristesse importante.

Plus inquiétant encore: les symptômes dépressifs commencent à prendre une place de plus en plus importante dans les résultats chez les jeunes adultes, mais surtout, chez les adolescents.

Entre les vagues 2 et 3 (janvier-avril 2021), les symptômes anxieux ont diminué pour les adolescents (43.7% au lieu de 47,8%), alors que les symptômes dépressifs ont, eux, continué d’augmenter (58.9 au lieu de 56.5%).

«Ainsi, au fil du temps, nous voyons un glissement des sentiments exacerbés de peur vers de la tristesse importante», conclut l’équipe.

Au total, 278 jeunes enfants, 163 enfants, 442 adolescents et 1 053 jeunes adultes ont témoigné sur le site Home Stress Home.

À la demande des utilisateurs, le site procure maintenant des évaluations du niveau de stress et un programme adapté aux adultes, en plus de celui spécifique aux jeunes adultes. Des pages ressources pour les parents, professionnels ou proches de personnes stressées ou anxieuses, qui leur procurent des conseils et outils pour les aider à gérer ce stress, ont également été développées.



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