BRUXELLES

VIDÉO | Bois de La Cambre: pouvait-on éviter ces terribles images?

Pendant plusieurs heures, manifestants et policiers se sont affrontés du côté du bois de La Cambre ce samedi. Les images sont violentes. Retour sur un samedi mouvementé.

Comme nous l’avions écrit lors des événements de la première «Boum», il y a tout juste un mois, l’histoire semblait à nouveau écrite ce samedi alors qu'un événement du même genre était annoncé ce 1er mai du côté du bois de La Cambre. Était-il malgré tout possible d'éviter les terribles images auxquelles on a assisté ce samedi?

Durant toute la semaine, les autorités publiques ont eu beau tenter de dégonfler l'événement annoncé depuis des jours sur les réseaux sociaux, l'effet n'a été que limité et ils étaient malgré tout très nombreux à se rassembler à Bruxelles ce samedi en fin d’après-midi. Une fois la mèche enflammée, pendant plusieurs heures, policiers et émeutiers se sont affrontés au sud de Bruxelles, transformant le bois de La Cambre et ses allées habituellement si paisibles en une véritable zone d’affrontements urbains.

Contrairement à la «Boum» du premier avril, où c’est d’abord l’effet de masse qui semble avoir joué à l’époque, parmi les milliers de personnes réunies sur les gazons bruxellois pour cette «seconde» édition, il y avait cette fois un nombre important de personnes qui était clairement là pour en découdre, bien avant même les premières tensions avec la police. Cagoule sur le visage, marteaux ou feux d'artifice en poche, le scénario et les acteurs étaient loin d'être identiques. La police l’avait vu venir et on a rarement vu un dispositif policier aussi important au cœur de la capitale (pour ce genre d'événement en tout cas). Les canons à eau et gaz lacrymogènes ont répondu aux bouteilles en verre et aux morceaux de bois. Le calme n’est revenu qu’une fois la nuit tombée.

 

Alors que de nombreux événements contestataires avaient lieu dans la capitale ce samedi (1er mai oblige), plus tôt dans l’après-midi, les gazons du bois de La Cambre se sont rapidement remplis de badauds. Certains étaient venus boire un verre, faire la fête ou simplement en curieux, pendant que d’autres étaient là pour répondre à « l’invitation» du collectif «L’Abime», le groupe à l'origine de l’appel à désobéir. Dans la foule, il y avait beaucoup de jeunes, mais pas que. Les  revendications étaient, elles, aussi nombreuses que variées.

Pendant un long moment, la police a semblé ne pas vouloir allumer la mèche. Comme déjà écrit, le dispositif était considérable, mais si les policiers affichaient leurs gros bras en défilant notamment dans le parc avec les nombreux véhicules réquisitionnés pour l'occasion, ils évitaient aussi la provocation et se contentaient d’assister aux scènes de fête et de joie depuis le haut du bois.

Vers 18h, alors que la foule grossissait à vue d’œil, la police se déployait tout autour des fêtards. Une bande de parents tentait toutefois de garder la situation sous contrôle de manière pacifique et formait une sorte de cordon de séparation entre la plaine et le la ligne de policiers, tentant notamment d’éviter les premiers jets de projectiles sur les hommes casqués, mais également la réponse musclée de la police. 

C’est finalement une violente dispute entre ces adultes et une bande plus violente qui voulait visiblement aller à l’affrontement avec la police qui a mis le feu aux poudres, obligeant la police à charger une première fois. « Lorsque les participants ont commencé à se battre entre eux, il a été décidé de procéder à l’évacuation des lieux », confirme Ilse Van de Keere, la porte-parole de la police. La suite fut très violente, bien plus encore que lors de la première «Boum».

Du côté des instigateurs de l'événement, on se défend toutefois d'être à l'origine de ces actes. « Nous avons nous-même écarté quelques personnes violentes qu’on avait clairement identifiées, on a été parler au commissaire pour lui dire qu’on avait identifié ces groupes et qu’il fallait les écarter. On n’a eu aucune réponse et cela ne les intéressait pas », a souligné Dave Monfort à nos confrères de la RTBF. 

Une fois la charge de la police, il n'était plus possible, selon eux, de contenir les casseurs.  « C’est clair qu’il y avait quelques casseurs, ajoutent-ils.  Les casseurs qu’on avait identifiés sont revenus dès que la police a commencé à charger, qu’il n’y avait plus aucun contrôle, qu’on ne savait plus communiquer. »

Si une bonne partie des personnes présentes au bois a quitté les lieux après les premières charges, une autre partie des émeutiers, déterminée à se battre, a continué d’affronter la police pendant un long moment. Sur un terrain qui ne lui était pas favorable, au milieu des bois notamment, la police a mis du temps avant de reprendre le contrôle de la situation.

C’est seulement vers 21h, quand les policiers sont parvenus à repousser les manifestants vers les rues adjacentes au parc et notamment l’avenue Franklin Roosevelt, que le calme est revenu peu à peu. Dans les rues autour du campus de l’ULB, les policiers ont ensuite procédé à une centaine d’arrestations administrative, cinq arrestations judiciaires pour rébellion armée, menaces et vente de stupéfiants, alors que 28 personnes ont été blessées lors de ces affrontements, annonçait hier soir un premier bilan.


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