JUDICIAIRE

Vaste arnaque à la voiture d’occase: «Je ne suis pas dans le commerce de voiture, j’enseigne la Bible»

Vaste arnaque à la voiture d’occase: «Je ne suis pas dans le commerce de voiture, j’enseigne la Bible»

(illustration) StockPhotosArt – stock.adobe.com

Le procès du réseau d’arnaqueur à la voiture volée, qui s’articule autour de quelque 80 personnes dans le milieu des gens du voyage et des garagistes, se poursuit à Bruxelles. Un garagiste a avoué qu’il a joué l’homme de paille alors qu’un suspect a botté en touche, se disant… enseignant de la Bible.

G.B., l’un des prévenus dans cet important dossier d’escroqueries sur le marché du véhicule d’occasion, a contesté les deux faits de ce type dont il est soupçonné, ce mercredi 28 avril 2021, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. «Moi, je ne suis pas dans le commerce de voitures comme les autres personnes de ma communauté. J’enseigne la bible. C’est mon activité à plein-temps», a-t-il dit. 79 personnes, principalement des gens du voyage, sont prévenues pour plus de 500 escroqueries dans le cadre de ventes de voitures d’occasion, entre 2014 et 2019.

«Je suis prédicateur évangélique et voilà plus de trente ans que je fais cette action de foi. Je vis des offrandes et des collectes. Je voyage beaucoup», a expliqué le prévenu G.B., arrivé de Norvège pour comparaître à son procès.

«Je suis aussi chanteur. Je compose moi-même mes chansons. Je suis très connu chez les chrétiens. J’ai aussi créé une école biblique», a-t-il poursuivi, assurant qu’il n’avait donc aucun lien avec le trafic de voitures de certains membres de sa grande famille.

«J’avais un doute sur mes trois fils aussi»

«Oui, dans le camp, on sait tout», a-t-il toutefois admis, précisant qu’il était notamment au courant que le dénommé K.S. était toujours celui qui s’arrangeait pour que tous les véhicules passent le contrôle technique.

«J’avais un doute sur mes trois fils aussi. Ils étaient souvent absents, puis je voyais les voitures arriver et repartir… Je sentais que quelque chose n’allait pas et je n’étais pas d’accord du tout. Ils ont fait des choses contre ma foi», a-t-il dit.

L’un des fils de cet homme, J.S., a également été interrogé mercredi. Il a fait des aveux partiels, chargeant le prévenu défaillant M.B., surnommé Momo. «Il connaissait tout et il proposait ses services. Il disait comment gagner facilement de l’argent», a-t-il déclaré.

J.S. a également admis qu’il avait utilisé des fausses attestations de perte d’un certificat de conformité d’un véhicule.

«Au total, sur deux ans, j’ai dû gagner entre 15.000 et 20.000 euros», a-t-il avancé, précisant qu’il avait aussi dû faire face à des «pertes». «J’avais acheté une Range Rover à 13.950 euros que j’ai dû rendre», lorsque le vendeur a dénoncé l’arnaque, a-t-il donné comme exemple.

«J’étais toxico. J’avais besoin d’argent. J’ai joué l’homme de paille»

Un homme prévenu dans un dossier relatif à des centaines d’escroqueries liées à des ventes de véhicules d’occasion a déclaré, ce jeudi 29 avril devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, qu’il avait accepté d’être un homme de paille. Il avait, en échange de sommes allant de 200 à 300 euros, accepté d’être nommé dirigeant des sociétés aux noms desquelles les véhicules «détournés» étaient acquis. Au total, 79 personnes, principalement des gens du voyage, sont prévenues pour plus de 500 escroqueries de ce type entre 2014 et 2019.

«J’ai été un homme de paille. J’ai signé des documents disant que j’achetais les parts de sociétés. C’est M.S (prévenu fugitif) qui m’a fait signer», a raconté F.V.D. «J’étais toxicomane. J’avais besoin d’argent. J’ai été payé 200 à 300 euros pour chaque reprise de sociétés», a-t-il déclaré.

Le rappel des faits

Ce dossier mené par le parquet fédéral concerne 504 arnaques au préjudice de particuliers qui vendaient leur voiture. 83 personnes sont prévenues dans quatre causes liées. 79 de celles-ci sont présentes dont trois sont toujours sous mandat d’arrêt. Par ailleurs, 185 personnes se sont constituées partie civile.

Selon le ministère public, plusieurs prévenus ont constitué une organisation criminelle qui a mis en place une escroquerie à grande échelle, via l’achat de véhicules d’occasion. De prétendus acheteurs répondaient aux annonces de vendeurs particuliers.

De faux virements étaient ensuite effectués devant eux, auxquels était montrée sur un téléphone ou sur une tablette une fausse confirmation d’envoi de virement bancaire. Puis le véhicule «acheté» était rapidement revendu et exporté vers l’étranger.