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Accord interprofessionnel 2021-2022: le CD&V veut la reprise des négociations, le gouvernement entretient l’espoir

Accord interprofessionnel 2021-2022: le CD&V veut la reprise des négociations, le gouvernement entretient l’espoir

Joachim Coens et le CD&V veulent une reprise des négociations, et tant pis s’il n’y a pas d’accord avant le 1er mai. BELGAs

Le président du CD&V, Joachim Coens, appelle les partenaires sociaux à retrouver le chemin de la négociation en vue de conclure un accord interprofessionnel. À ses yeux, c’est la conclusion d’un accord qui compte, même si elle a lieu après le 1er mai.

En principe, le 1er mai, s’il n’y a pas d’accord, le gouvernement doit reprendre la main et établir par arrêté royal la marge salariale. «Les syndicats et les employeurs doivent revenir à la table des discussions. Si ça ne réussit pas le 1er mai, ça peut être plus tard, aussi longtemps qu’un bon accord puisse être conclu. C’est important pour les employeurs et les travailleurs», a-t-il déclaré sur Radio 1 (VRT) jeudi.

La norme salariale est fixée à 0,4%, hors indexation. Dans les secteurs d’activité qui s’en sont bien sortis durant la crise et qui veulent partager leur bénéfice avec leur personnel, il doit être possible de faire plus, estime le démocrate-chrétien. «Et cela peut se faire de plusieurs manières. La seule chose qui soit vraiment nécessaire, c’est un bon accord entre les employeurs et les syndicats, et c’est ce qui fait défaut pour le moment», a-t-il ajouté.

Chez les Verts flamands, la présidente Meyrem Almaci a appelé chacun à «garder la tête froide». «Il reste trois jours, faisons le maximum pour travailler en coulisses et voir s’il est encore possible d’avancer. L’accord de gouvernement parle de 0,4% mais aussi de circulaires. On peut sortir les salaires minimum de la norme salariale par une circulaire. Il y a donc beaucoup de possibilités à débattre», a-t-elle expliqué.

Comme son collègue du CDV, la présidente de Groen estime qu’il doit être possible d’aller au-delà de 0,4% dans les secteurs qui se sont bien débrouillés. Elle appelle également à mener un débat sur la loi de 1996 sur la compétitivité des entreprises, réformée par la majorité précédente. «Cette loi est caduque. Si nous ne menons pas un débat, nous finirons dans une impasse tous les deux ans», a-t-elle prédit.

Le gouvernement fédéral entretient l’espoir d’un accord

De son côté, le gouvernement fédéral espère toujours que les partenaires sociaux concluront un accord sur les salaires, ont indiqué jeudi le Premier ministre et le ministre de l’Emploi, Alexander De Croo et Pierre-Yves Dermagne, en réponse à des questions à la Chambre.

«Je reste convaincu qu’un accord social équilibré qui respecte les sensibilités des uns et des autres demeure la meilleure solution», a déclaré M. De Croo tandis que M. Dermagne plaidait pour «un accord solidaire» et «équilibré dans la répartition des gains et des efforts». Une échéance a été fixée au 1er mai avant que le gouvernement ne reprenne le dossier. «Il nous reste quelques jours», a reconnu M. Dermagne.

Le gouvernement a tracé un cadre de négociation qui permet notamment de travailler par le biais de circulaires afin de trouver des «solutions» pour les travailleurs actifs dans des entreprises qui ont engrangé des bénéfices durant la crise mais inclut aussi d’autres thèmes comme le salaire minimum. Il attend que chacun des partenaires prenne ses responsabilités. «On ne sortira pas de la plus grande crise depuis la IIe Guerre mondiale en se tournant le dos», a souligné le Premier ministre.

Mercredi, M. Dermagne faisait savoir via les réseaux sociaux que la loi de 1996 sur la compétitivité des entreprises, qui corsette la norme salariale, contenait également un article qui permettait de modérer le versement de dividendes par les entreprises. Le chef de groupe PS, Ahmed Laaouej, l’a rappelé jeudi à la tribune de la Chambre. «Vous ne voulez pas augmenter les salaires et bien vous ne pourrez pas non plus recevoir des bonus et des dividendes», a-t-il lancé à l’égard d’un «certain grand patronat» qui refuse toute progression salariale au-delà du 0,4% (hors indexation) prévu en application de la loi de 1996.

Le CDV a fait savoir qu’il n’était pas question pour lui de mettre en œuvre cet article jamais utilisé en 25 ans. L’ex-ministre de l’Emploi, Nathalie Muylle, a regretté la polémique qui a surgi mercredi sur les réseaux sociaux. «Des quelques mois que j’ai passés à ce poste, j’ai appris que les grandes déclarations menaient rarement à des grands résultats à la table des négociations», a-t-elle souligné.