SOCIAL

Accord interprofessionnel 2021-2022: «pas d’augmentation de salaire, alors pas de dividende»

Accord interprofessionnel 2021-2022: «pas d’augmentation de salaire, alors pas de dividende»

«Celui qui dit que ça ne va pas d’augmenter les salaires des travailleurs doit m’expliquer pourquoi des entreprises peuvent distribuer de gros dividendes à leurs actionnaires. Si on ne peut pas avoir de salaires plus élevés, alors il ne peut pas y avoir de dividendes. C’est également prévu dans la loi salariale», a déclaré le président de Vooruit, Conner Rousseau dans plusieurs médias. Photo News

Les socialistes ont mis en garde mercredi leurs partenaires de coalition. Sans marge conséquente de progression salariale, ils ne voient pas pourquoi des dividendes pourraient être distribués ou des salaires de grands patrons augmentés.

«Cher Egbert, nous devons être cohérents. Sans marge pour une prime corona sérieuse et en l’absence de discussion sur le salaire minimum, il n’y aura pas non plus de marge pour les dividendes et les salaires des patrons», a répondu le vice-Premier ministre PS et ministre de l’Emploi, Pierre-Yves Dermagne, au président de l’Open Vld, Egbert Lachaert, qui invitait dans une interview les syndicats au «réalisme».

Le ton était le même chez Vooruit. «Celui qui dit que ça ne va pas d’augmenter les salaires des travailleurs doit m’expliquer pourquoi des entreprises peuvent distribuer de gros dividendes à leurs actionnaires. Si on ne peut pas avoir de salaires plus élevés, alors il ne peut pas y avoir de dividendes. C’est également prévu dans la loi salariale», a déclaré le président de Vooruit, Conner Rousseau dans plusieurs médias.

Les syndicats se sont retirés mardi de la négociation de l’accord interprofessionnel en raison du blocage sur la marge salariale corsetée par une réforme de la loi de 1996 sur la compétitivité des entreprises menée par le gouvernement précédent. Hors index, la marge s’élève pour cet AIP à 0,4% et les patrons n’entendent pas y déroger.

Aux yeux de Vooruit, dans les secteurs d’activité qui ont enregistré de bons résultats durant la crise, les travailleurs doivent pouvoir être récompensés de leurs efforts. M. Rousseau renvoie à l’article 14 de cette loi -jamais utilisé- qui autorise le gouvernement à modérer d’autres revenus que les salaires, par exemple les dividendes mais aussi les loyers. «Si nécessaire, nous invoquerons l’article 14», a-t-il averti.