TOURNAI

Le Tournai d’avant: magnifier Notre-Dame? merci au consensus...

Le dégagement de la cathédrale interrompu par la guerre se poursuit. Aussi les bagarres verbales des spécialistes que la Ville interrompt.. .

Il a fallu pas mal de temps mais ça y est, «le chœur gothique de la cathédrale, maintenant très visible, fait l’admiration de tous, même des plus farouches adversaires du projet» écrit le Patriote du 12 février 1906. Comme la pioche est prête, on continue.

Une jolie place

Les efforts se portent donc vers la place des Acacias dont les esthètes de diverses sociétés voudraient faire un pôle à la fois esthétique mais aussi commercial, ceci facilité par la création de la rue nouvelle.

Agrandir les Acacias se heurte à une difficulté majeure, l’existence rue du Curé Notre-Dame, des immeubles de l’école Saint-Luc (terrain venu à l’État en 1896 pour 52 500 F) et de la Poste aux lettres formant une avancée préjudiciable au projet. Mais, c’est à souligner, les instances locales se battent pour réaliser leur projet: l’adjudication de démolition de Saint-Luc a lieu et, après de multiples et âpres discussions, la Poste migre en 1912 vers le Bas Quartier dans les locaux de l’ancienne école.

La nef romane est, pour sa part, cachée par la chapelle Notre-Dame mais aussi par les sacristies du XVIe, «des espèces de verrues» dixit Ravez. Pas de quartier, ces sacristies du temps d’Henry VIII sont mises bas et remplacées par de coquettes constructions de Constant Sonneville qui y garde une petite chapelle dédiée à Notre-Dame de Lorette..

Mieux encore, le toit unique du XVIIIe de la chapelle mis en place par économie se transforme en une série de sept petites toitures laissant cette fois admirer dès 1913 la galerie haute ou coursière. Incendiée en mai 1940, chapelle et sacristies disparurent du paysage en 1953.. .

Au coin de la rue de la Lanterne, l’antique maison Delmarle fait place (1913) à un superbe immeuble, l’hôtel de la cathédrale, style Louis XVI de l’architecte Wilbaux (actuel Office du Tourisme). La kommandantur s’y installe en 1940.

Restait à dégager le chœur vers le haut des Chapeliers et au Vieux Marché aux Poteries. Mais vint la première guerre mondiale, chacun remisa ses envies.. Sans les oublier.

Partiel ou total?

Les démolitions s’étaient arrêtées au N° 41, ancienne Monnaie du Chapitre. Il restait cinq immeubles à abattre. Soil en préconisait quatre les 43, 45, 47 avec en plus un élargissement de la rue haute trop étriquée et la réalisation de trois maisons pour rejoindre les sacristies. L’opposition principale vint de René Desclée qui, à l’aide de photographies, montrait un dégagement total du site.

À ceci se superpose le problème du côté Sud soit le Vieux Marché aux Poteries. Là, les habitations du XVIIe, «pittoresques mais quelconques» s’avancent jusque-là porte du Capitole.

C’est l’architecte Henri Lacoste qui est chargé d’établir un plan général. Le 14 mars 1930, le Conseil Communal prend position: trois habitations du Vieux Marché sont maintenues, les autres soit quatre, rue des Chapeliers, sont condamnées et détruites.

L’idée du dégagement complet est abandonnée.

En mai 1932, après une inspection de la Commission des Monuments et Sites, on change d’optique: on conserve tel quel le Vieux Marché le long du sanctuaire et on reconstruit (1935) rue des Chapeliers de petites constructions ce que l’Avenir qualifie de cabanes à lapins… On en reste là.

Jusqu’à mai 1940. Les bombardements de mai 1940 résolvent les soucis du Vieux Marché. Les maisons XVIIe disparaissent dans les flammes et la reconstruction ménagera un espace libre près de la porte du Capitole.


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