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Elle décède du Covid-19 en 3 jours à 21 ans: «Un cas rare et imprévisible» selon Yves Van Laethem

Elle décède du Covid-19 en 3 jours à 21 ans: «Un cas rare et imprévisible» selon Yves Van Laethem

Tifany Lieffring est décédée le mois dernier du Covid-19 en l’espace de trois jours. -

Tifany Lieffring, 21 ans, de Châtillon (Saint-Léger), est décédée en 3 jours du Covid-19. Yves Van Laethem nous parle de ces Covid ultra rapide.

Une jeune femme de 21 ans, de Châtillon, est décédée le mois dernier du Covid-19. Il ne s’est écoulé que trois jours entre l’apparition des symptômes et le décès de Tifany Lieffring, rapportent nos confrères de Sudpresse.

La jeune femme, qui suivait une formation à l’ITELA et à la Briqueterie à Arlon, n’avait aucun antécédent médical, ne souffrait pas d’hypertension ou de diabète. Elle est décédée des suites d’un arrêt cardiaque sur une embolie pulmonaire due au Covid-19.

Son état s’est fortement aggravé en l’espace d’une seule journée. Transportée en ambulance jusqu’à l’hôpital d’Arlon, elle y perdra la vie quelques instants plus tard.

« Il n’y a personne à incriminer dans ce drame que nous vivons. Chacun a fait de son mieux », assure le papa, dans les colonnes de Sudpresse, où la maman souligne: «S’il y a un enseignement que l’on peut retenir de tous ces événements, c’est que cette maladie ne frappe pas que les personnes âgées.»

Certains parlent de Covid foudroyant pour qualifier ce qui est arrivé à la jeune femme.

«Un cas malheureux et imprévisible»

Elle décède du Covid-19 en 3 jours à 21 ans: «Un cas rare et imprévisible» selon Yves Van Laethem
Yves Van Laethem, porte-parole interfederal Coronavirus Reporters/QUINET
Yves Van Laethem, infectiologue et porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, nous en dit plus sur ces formes de Covid très rapides et extrêmement rares.

Yves Van Laethem, qu’entend-on par «Covid foudroyant»?

Des Covid qui vont vite, ça existe, mais il n’y a pas vraiment de terminologie pour les qualifier, parce que c’est assez rare. Je dirais que c’est une catégorie qui n’est pas définie. On parle maintenant de Covid long pour les personnes chez qui les symptômes perdurent longtemps.

Habituellement, les complications n’arrivent jamais aussi vite?

La plupart du temps, on est face à la phase virale du Covid-19 qui ressemble à une longue grippe et qui s’en va tout seul.

Après la phase virale, il y a chez certaines personnes une phase inflammatoire, qui est caractérisée par d’autres problèmes, de type thrombose, embolie ou autre chose du même type. D’habitude, les complications de type thromboembolique n’arrivent pas dans les premiers jours de l’infection. Quand elles arrivent, c’est au minimum 5 à 7 jours après le début des symptômes.

Ici, si on est bien face à une complication thromboembolique, c’est très très rapide.

 

Ce que l’on sait aussi, c’est qu’il y a des formes virales pures, comme pour le virus de la grippe où on meurt du virus lui-même et pas des complications.

 

Cela se manifeste par des problèmes pulmonaires et respiratoires intenses dès les premiers jours.

Et on a parfois aussi des atteintes d’organe comme l’inflammation du cœur (myocardite) ou du cerveau (encéphalite), qui peuvent être liées au virus.

La Belgique compte-t-elle beaucoup de cas de ce type avec des décès?

C’est extrêmement rare. Et c’est surtout extrêmement rare dans cette tranche d’âge là.

Je ne sais pas vous dire exactement où on en est maintenant, mais avant l’âge de 20 ans, la Belgique doit compter 3-4 peut-être 5 décès. Et dans les premières années de la vingtaine, c’est à peu près la même chose.

De ce que vous me dites, cette jeune femme n’avait pas de facteur de risque. C’est très malheureux pour elle et ses proches, mais c’est heureusement une exception très rare, à la fois dans la rapidité, dans la tranche d’âge, et dans l’absence de comorbidités. Pour quelles raisons? Y a-t-il un facteur génétique? Cela reste un mystère.

Faut-il s’inquiéter de cette fulgurance?

Les gens ne doivent pas s’en faire, mais cela montre combien, une fois de plus malheureusement, que personne n’est à l’abri. Il n’y a pas seulement un rajeunissement global des personnes hospitalisées pour le moment, avec plus de gens dans la quarantaine et la cinquantaine. Il y a aussi un certain nombre d’exceptions, de personnes plus jeunes, dans la vingtaine et la trentaine, qui sont à l’hôpital. Et qui heureusement ne meurent pas, pour la plupart d’entre elles.

Le vaccin est-il efficace contre une manifestation aussi rapide du Covid-19?

Il devrait être efficace de la même manière, à partir du moment où il protège de l’infection grâce aux anticorps et aux cellules immunitaires qu’il génère.

Qu’aurait-on pu faire pour empêcher ce drame?

Dans l’état actuel des choses, j’ai l’impression que personne n’aurait rien pu faire contre cela. Personne ne peut s’en vouloir. C’est un cas rare, malheureux et imprévisible.



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