SANTÉ

VIDÉO | «Situation précaire», «casse-tête», soins intensifs «en surrégime»: Sciensano craint «un scénario italien» pour les hôpitaux belges

Une fois n’est pas coutume, l’Institut de santé publique a profité de son habituelle conférence de presse du vendredi pour n’évoquer que «la situation précaire» des hôpitaux.

À quelques heures du Comité de concertation, et alors que les derniers chiffres «Covid» ne font pas encore état d’un net recul de la pandémie en Belgique, Sciensano a préféré concentrer son discours sur une seule thématique: la situation dans les hôpitaux.

«La situation y est actuellement précaire, résume d’entrée Yves Stevens, porte-parole du Centre de crise. Donner à chacun les soins dont il a besoin est un véritable défi au quotidien.»

Directeur du Département des soins d’urgence au SPF Santé, Marcel Van Der Auwera confirme les propos de Sciensano. «La situation est fragile et nous avons pu nous en rendre compte dans la nuit de dimanche à lundi, avec l’incendie qui s’est déroulée à Anderlecht. Pour les blessés graves, il n’y avait plus qu’un seul lit en soins intensifs disponible, assure-t-il. C’est donc désormais un casse-tête de trouver des solutions adéquates pour tout le monde.»

En «surrégime» depuis plus d’un an, les unités de soins intensifs du pays «fonctionnent à plus de 110% de leur capacité normale», souligne Marcel Van Der Auwera.

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«Depuis le début de la pandémie, ces unités ont même été soumises à un mode de fonctionnement inhabituel – plus de 130% de leur capacité normale – à trois reprises. En avril 2020, cette période de «stress test» a duré 11 jours. En novembre 2020, elle a duré 29 jours. Depuis fin mars, ça fait à nouveau 29 jours que les soins intensifs fonctionnent à 130% de leur capacité. Et ce n’est pas encore fini puisque les prévisions actuelles évoquent encore trois semaines sous ce régime.»

Désormais incapable de soigner tous les patients «Covid» les plus affectés, la Belgique a de nouveau demandé l’aide de l’Allemagne pour les accueillir. Ce qui fait dire au directeur du Département des soins d’urgence au SPF Santé que «nous ne sommes plus si loin du scénario italien», lorsque les hôpitaux ne pouvaient plus soigner tous les malades.

«Depuis six mois, nous reportons des soins, poursuit encore Marcel Van Der Auwera. Mais le problème, ce ne sont pas les lits. Les lits, on peut toujours en créer. Seulement, le personnel des soins intensifs, nous ne pouvons pas le former aussi rapidement. On ne peut pas former en un an des gens que nous formons habituellement en quatre ans. Et il est impossible de demander au personnel soignant d’en faire plus.»

D’où la nécessité pour Sciensano et ses collaborateurs de continuer à respecter les mesures sanitaires.



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