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HANNUT

Faute de «protocole officiel», comment encadrer au mieux la réouverture des terrasses?

Faute de «protocole officiel», comment encadrer au mieux la réouverture des terrasses?

Comment redéployer les terrasses? Manu Douette a un début de réponse. Yves Bircic

Comment encadrer au mieux la réouverture des terrasses le 8 mai?Faute de protocole, Manu Douette a planché sur la question.

Souvent aux premières lignes face à la pandémie qui touche différents secteurs, le pouvoir communal est tenu de faire appliquer les normes sanitaires édictées par le Comité de concertation (Codeco).

Mais si la réouverture des terrasses est autorisée pour le 8 mai prochain, les bourgmestres attendent encore les précisions officielles. «On est plus d’une semaine après les décisions, on n’a toujours pas de protocole officiel ni d’arrêté ministériel», déplore Manu Douette, le bourgmestre de Hannut

Alors, comme il en avait assez d’attendre, le mayeur hannutois s’est mis à l’ouvrage en tentant de rédiger lui-même un protocole. Pour aider ses collègues de Huy-Waremme mais surtout pour répondre aux nombreuses questions du secteur horeca. «Plutôt que de critiquer, j’ai décidé de faire le travail moi-même, de le soumettre aux autorités compétentes et d’attendre leur retour», déclare Manu Douette.

Un travail pas simple à réaliser, reconnaît le Hannutois qui s’est entouré des conseils du spécialiste Christophe Samyn (lire ci-dessous) et des avis de différents secteurs. «Le week-end dernier, j’ai discuté avec les gens de l’horeca qui vivent des réalités différentes. Certains établissements avec terrasse, d’autres où on peut en créer une sur le domaine public… J’en ai parlé aussi avec la police et les pompiers pour voir ce qu’on peut faire. L’idée, c’est de voir comment organiser au mieux la réouverture des terrasses le 8 mai.»

Ce protocole de réouverture a ensuite été partagé à l’ensemble des bourgmestres de l’arrondissement. Il devait aussi remonter jusqu’aux bureaux du gouverneur. «Je l’ai aussi transmis à quelques collègues députés et au cabinet du Premier ministre. Mais je n’ai toujours pas de réponse», affirme Manu Douette qui ne prétend pas avoir la science infuse en la matière. «J’ai fait ça car, par le passé, j’ai moi-même organisé plusieurs événements et je me sens proche de ce secteur. J’ai réalisé ça avec les éléments en ma possession mais bien entendu, cela peut être complété en fonction d’éléments nouveaux», conclut le bourgmestre hannutois.

 

Gérer le risque plutôt que la crise

Faute de «protocole officiel», comment encadrer au mieux la réouverture des terrasses?
Spécialiste en gestion des risques, Christophe Samyn a réalisé une étude sur la reprise de l’horeca et l’événementiel. -

Avec sa société Ospman Consulting, le Namurois Christophe Samyn travaille au quotidien dans la gestion de risques. Parmi ses clients, les sommets européens, des industries ou encore la chancellerie du Premier ministre.

Mais dernièrement, pour aider l’horeca et l’événementiel, il a réalisé une étude sur la gestion des risques pour la reprise de ces deux secteurs. «Je me suis basé sur les travaux de scientifiques dont un infectiologue, explique Christophe Samyn. Et les résultats de cette étude sont très encourageants étant donné que les risques de contamination sont nettement moindres que dans les grandes surfaces ou les transports en commun avec un taux R qui se situe entre 0,1 et 0,3.»

Pour le spécialiste, la reprise de l’événementiel et de l’horeca ne doit plus se limiter à une date mais bien à une méthodologie. «Tout ne sera pas faisable mais on ne peut pas non plus tout arrêter, poursuit le Namurois. Il est temps de passer de la gestion de crise à la gestion de risques.»

Lui aussi a envoyé les résultats de son analyse aux différents niveaux de pouvoir et au Premier ministre. Il attend toujours des réponses.

 

 

 

 

Question de bon sens

 

Le protocole réalisé par le bourgmestre de Hannut tient compte des mesures sanitaires et du bon sens. Avec une organisation des tables, de l’accueil des clients et des flux et de la distance sociale. «Pour les tables, par exemple, on estime qu’il faut les limiter à 6 personnes, précise Manu Douette. Avec des espaces de 1,5 m entre les tables ou des parois de 1,8m.»

 

Des terrasses à moitié couvertes

 

Plusieurs restaurateurs se posent la question: «Puis-je couvrir ma terrasse et jusqu’à quel point?» «Un patron d’établissement m’a même demandé s’il pouvait mettre un chapiteau, explique Manu Douette. Et à Hannut, certains voudraient couvrir toute la rue de Landen à hauteur de la Grand-Place. Le principe qu’on a trouvé c’est qu’une terrasse peut être couverte mais sur les côtés pas à plus de 50%; ce qui les limite à deux pans de murs.» Pour assurer une bonne ventilation mais aussi pour être en règle avec la prévention incendie.

 

Prévention qualité de l’air

 

Pour le mayeur de Hannut, au même titre qu’il existe actuellement des normes de prévention incendie, à terme, les espaces destinés à accueillir le public devraient probablement se soumettre à des normes de prévention qualité de l’air. «Car même quand on en aura fini avec le Covid, il y aura peut-être d’autres pandémies…»