POLITIQUE – SCIENCES

Expérimentation animale: Écolo sous pression des activistes… et des lobbys?

Expérimentation animale: Écolo sous pression des activistes… et des lobbys?

XR Animals regrette notamment que les laboratoires universitaires soient si dépendants des financements octroyés par les grandes entreprises, qui viennent y valider par leurs produits via l’expérimentation animale. Reporters (Illustration)

En campagne depuis fin février contre l’expérimentation animale, le collectif XR Animal interpelle de nouveau la ministre du Bien-être animal, qui a gelé la réforme: «Écolo aurait-il été charmé par l’argent et le pouvoir des industriels?»

Près de deux mois après avoir mené des actions dans plusieurs universités belges, le collectif Extinction Rebellion Animal (XR Animal) poursuit la fronde contre l’expérimentation animale. Cette fois, les activistes ont directement interpellé Céline Tellier, la ministre du Bien-être animal, en lui envoyant «un dossier brûlant relatif aux financements obscurs de l’industrie» de la vivisection.

À la base de ce dossier, Maria Taravella, une chimiste de 32 «à la retraite», souhaite ainsi «alerter chacun sur les enjeux financiers énormes liés à l’expérimentation animale». «Car aujourd’hui, si l’on réalise toujours autant de tests sur les animaux, c’est aussi et surtout une question d’argent», assure la jeune femme qui étaie son propos dans une soixantaine de pages.

«Pourquoi utilise-t-on toujours autant l’expérimentation animale dans nos laboratoires alors que d’autres alternatives (les tests «in vitro» et la modélisation informatique notamment, NDLR) ont fait leur preuve? Parce que c’est la méthode la plus facile et la plus friable – les chercheurs peuvent modifier les protocoles et les animaux à leur guise – pour obtenir les résultats souhaités et faire de l’argent rapide», assure l’ancienne scientifique, aussi étonnée que dégoûtée par les pratiques du milieu.

Les universités belges dans le viseur

Pointées du doigt à de nombreuses reprises dans le dossier remis à Céline Tellier, les universités belges – que XR Animals compare d’ailleurs à «des centres commerciaux» de l’expérimentation animale – «jouent le jeu des industriels en acceptant de réaliser ces tests cruels contre rétribution», estime encore le collectif. «Et tout ça pour quoi? Des études coûteuses, souvent inutiles et parfois même redondantes…»

En colère sur la façon dont l’argent public est distribué – «Si les universités répondent aux sirènes des entreprises, c’est aussi sans doute parce qu’elles ne sont pas suffisamment subventionnées» -, Extinction Rebellion invite les autorités belges à repenser le modèle actuel. «Et à verser plus que quelques milliers d’euros pour la promotion des méthodes alternatives alors que ce sont des milliards qui sont destinés chaque année à la recherche fondamentale et à l’expérimentation animale», par exemple.

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En attendant le dégel de la réforme tant attendue, le collectif XR Animals croise donc les doigts «pour que la ministre Tellier ouvre les yeux» et «respecte le mantra de son parti» en épinglant «les financiers de l’expérience animale, comme Bank of America ou BlackRock, qui sont également d’énormes pollueurs».

«À moins qu’Écolo ait réellement été charmé par l’argent et le pouvoir des industriels», s’interrogent les activistes en guise de conclusion.