POLITIQUE

Des chercheurs balisent la rédaction de la future «stratégie nationale de sécurité»

Des chercheurs balisent la rédaction de la future «stratégie nationale de sécurité»

Alexander De Croo, le Premier ministre. Photo News

La définition de la future «stratégie nationale de sécurité», que le gouvernement De Croo s’est engagé à rédiger, pour la première fois, dans l’histoire de la Belgique, est un exercice à mener sous l’égide des services du Premier ministre mais avec une implication d’autres départements fédéraux et même des Régions, estiment mardi deux chercheurs de l’Institut Egmont, le centre de réflexion des Affaires étrangères.

«Le gouvernement veut développer une ambitieuse stratégie de sécurité nationale. Celle-ci devra veiller à ce que les investissements répondent aux besoins réels en matière de sécurité et que les politiques de sécurité soient coordonnées», indique la déclaration gouvernementale négociée en septembre dernier par les sept partis de la coalition Vivaldi.

Selon les chercheurs de l’Institut Egmont, les professeurs Sven Biscop et Nina Wilén, «l’adoption de la première stratégie de sécurité nationale est une opportunité de renforcer l’appareil de prise de décision et de faciliter la coordination et la coopération entre toutes les branches pertinentes du gouvernement, avec un œil sur l’action décisive».

Ils soulignent qu’une telle vision stratégique unique doit permettre à la Belgique de décrire comment protéger ses intérêts des menaces externes et défis et comment éviter l’exploitation (par un éventuel adversaire) de ses vulnérabilités internes.

Selon eux, la Belgique «n’est pas un si petit acteur» sur la scène internationale, en étant le cœur géopolitique et l’hôte de l’Union européenne au sein de la laquelle elle se classe 9e sur 27 en termes de population et de PIB (Produit intérieur brut). Au niveau mondial, le royaume est le 12e pays exportateur.

La définition d’une «stratégie nationale de sécurité» - un exercice à renouveler tous les cinq ans, à chaque législature, pour les deux professeurs - exige néanmoins «un changement d’état d’esprit de toutes les parties concernées: (la coopération) interagences devrait être un mode de fonctionnement permanent», préviennent-ils dans ce «papier» publié mardi par l’Institut Egmont - de son vrai nom «Institut royal des Relations internationales (anciennement IRRI-KIIB).

Quant à la méthode, les deux experts préconisent que le principal auteur de cette «stratégie nationale de sécurité» soit désigné par le Premier ministre et soit entouré par une petite équipe de rédaction issue des départements concernés du gouvernement, en particulier les services de renseignement, les Affaires étrangères, la Coopération au développement et la Défense. Les gouvernements régionaux doivent «naturellement» aussi être impliqués, ajoutent-ils.

Les professeurs Biscop et Wilén estiment aussi que les rédacteurs de la future stratégie doivent «consulter largement» notamment des représentants du monde universitaire, du secteur privé secteur et de la société civile et «stimuler le débat public», afin qu’elle soit représentative de tous les Belges.

«Un débat au parlement fédéral semble évident», indiquent enfin les chercheurs, tout en soulignant que le document final devra «être largement diffusé», éventuellement lors d’un «événement de lancement de haut niveau».



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