BELGIQUE

Près de 8,3 millions de passagers aériens analysés par les services de sécurité en 2020

Près de 8,3 millions de passagers aériens analysés par les services de sécurité en 2020

AFP

L’Unité belge d’informations des passagers (BelPIU) a analysé les données de près de 8,3 millions de passagers aériens en 2020, a indiqué samedi le cabinet de la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden.

Concrètement, 102 «croisements positifs» de ces informations avec la base de données Foreign Terrorist Fighters (FTF) ont mené à 45 actions sur le terrain, qui ont permis un enrichissement de dossiers ou d’enquêtes en cours.

Comparé aux 23,5 millions de données-passagers récoltées en 2019, le nombre de 8,3 millions peut sembler signifier un recul mais ce serait sans compter la crise sanitaire du coronavirus et les larges restrictions de déplacement qu’elle a provoquées. Le BelPIU - qui collecte et analyse les données des passagers effectuant des voyages internationaux à partir de, vers ou via la Belgique pour lutter contre le terrorisme et la criminalité grave - a d’ailleurs étendu sa couverture à 86% des passagers aériens, contre 70% en 2019, notamment grâce à des accords de collaboration supplémentaires avec des compagnies aériennes, note la ministre dans un communiqué.

«La réduction sans précédent des déplacements internationaux en 2020 n’a pas conduit à l’arrêt de l’utilisation du trafic aérien dans le cadre de la grande criminalité ou du terrorisme», commente-t-elle. Outre la centaine de croisements concluants entre les données-passagers et la base de données Foreign Terrorist Fighters (FTF, un terme qui regroupe les personnes parties vers une zone de conflit pour se rallier à un groupe terroriste, celles qui en reviennent, ainsi que celles qui projetaient de partir mais en ont été empêchées), la confrontation de ces données à la banque de données nationale (BNG) de la police fédérale a permis de mener 914 contrôles sur le terrain, en lien notamment avec des affaires de trafics de drogue (168), de terrorisme (159), de vols avec violence (98), de rapts parentaux (71) ou d’homicides (9).

Quarante-deux arrestations ont eu lieu dans les aéroports belges dans le cadre de dossiers de trafic d’êtres humains et 52 personnes recherchées ont été arrêtées (dont 36 voyageant au sein de l’espace Schengen), énumère le cabinet. Les douanes, sur base des croisements avec leur base de données, ont également effectué 115 contrôles sur le terrain. Dans 60% des cas, ces contrôles ont permis de constater une infraction.

En dehors de ce croisement entre bases de données, le BelPIU travaille également à l’identification de profils de voyageurs suspects. Les profils identifiés par la police fédérale ont mené à 644 contrôles, dont 431 se sont révélés positifs. «Les autres services ont également eu des résultats concluants, leur permettant soit de mener des actions spécifiques, soit d’enrichir des dossiers d’enquête en cours», souligne la ministre.

Par ailleurs, plus de 10 kg d’ecstasy, 9,9 kg de cocaïne, 10,8 kg d’or et deux oiseaux exotiques menacés d’extinction ont pu être saisis.

Opérationnelle depuis le 15 janvier 2018, l’unité BelPIU se limite pour l’instant aux voyages aériens. Elle entend cependant développer ses connexions avec les transporteurs des secteurs des bus et des trains à grande vitesse internationaux pour devenir un pionnier à l’échelle européenne dans ces domaines. Deux projets pilotes sont prévus dans ce sens.