ARLON

Un Français flashé à 210 km/h sur la bande d'arrêt d'urgence après une course-poursuite

Un Français flashé à 210 km/h sur la bande d'arrêt d'urgence après une course-poursuite

Illustration Ugo PETROPOULOS

Pour échapper à un contrôle de police, il entame une folle fuite de plus de 20 km et finit par emboutir deux voitures de police.

Le tribunal correctionnel d’Arlon a condamné un ressortissant français, Vincent Hubert, agent immobilier à Longwy (Meurthe-et-Moselle), a dix mois de prison pour entrave méchante à la circulation et pour rébellion armée.

Les faits du 2 avril 2018 avaient été jugés par défaut en décembre 2018 où il avait été condamné à 18 mois de prison. Deux ans plus tard, l’homme de 47 ans, qui n’avait jamais donné suite à sa condamnation, s’est fait intercepter à Florenville alors qu’il revenait d’une visite chez sa mère à Reims. Arrêté et incarcéré sur le champ, il a fait opposition d’un jugement dont il prétend ne pas avoir eu connaissance.

Pour échapper à un contrôle policier, sur l’E411 du côté d’Arlon, accompagné de son beau-frère, il avait entamé une folle fuite en dépassant les autres voitures et en roulant à 210 km/h sur la bande d’arrêt d’urgence.

Il emboutit deux voitures de police

Se faufilant dans la circulation en effectuant des manœuvres extrêmement dangereuses, son parcours de plus de 20 km s’est terminé en se servant de sa voiture pour emboutir, deux véhicules de police, heureusement sans gravité pour les policiers.

Son passager avait avoué avoir eu la peur de sa vie. Dans ses attendus, le tribunal se dit «stupéfait de lire dans les déclarations du prévenu qu’il avait l’intention de rouler ainsi en traversant le Grand-Duché jusqu’à la frontière française, espérant ainsi échapper aux sanctions en regagnant son pays.»

Le tribunal présidé par le juge Philippe Nazé a considéré les infractions établies, réfutant la position du chauffard qui affirme «avoir pris peur et agi sous le coup du stress».

Son avocat, Me Loïc Richard, avait eu une lecture différente du dossier estimant qu’il fallait faire la part entre l’entrave à la circulation et la rébellion. Il contestait la rébellion armée, passible d’une peine sévère. «Mon client ne s’est pas servi de sa voiture comme d’une arme, mais bien comme un objet de fuite. Je plaide pour une suspension du prononcé ou vous demande un sursis le plus large possible.»

Le tribunal n’a pas suivi Me Richard, ni son client, qui était prêt à effectuer une peine de travail. «Il n’y a pas lieu de faire droit à ces demandes au vu de la gravité de faits qui ne justifient pas une sanction plus douce qu’une peine de privation de liberté», estime le juge. Vu l’absence d’antécédents judiciaires, un sursis de cinq ans lui a été accordé pour l’exécution de la peine.