Coronavirus: cruelle désillusion pour l’horeca et l’événementiel

Coronavirus: cruelle désillusion pour l’horeca et l’événementiel

Les salles resteront vides jusqu’en juin. Au plus tôt. Et à de strictes conditions. EDA Claudy Petit

Pas de perspectives avant début juin pour la reprise des activités en salle. Et report au 8 mai pour que cafés et restaurants ouvrent leurs terrasses. Les déceptions s’expriment.

Une semaine de plus. Par rapport à ce qui avait été projeté, le Codeco recule de huit jours, au 8 mai, une reprise dans l’horeca, limitée aux seules terrasses. Mesure discriminante pour les cafetiers et restaurateurs qui n’en ont pas la possibilité, et qui ne permettra pas à la plupart de couvrir leurs frais, comme l’avait déjà dénoncé le secteur.

Les mêmes critiques émanent du milieu culturel, qui devra se limiter à un maigre public de 50 personnes, à l’extérieur, une jauge jugée «risible et non rentable» par les organisateurs d’événements. Elle vaut aussi pour les réceptions, les buffets ou les cultes.

Pourquoi ce recul d’une semaine, qui ne peut qu’alimenter une grande frustration, quand certains, avec parfois l’aval de bourgmestres ou de gouverneurs de province, promettent qu’ils ouvriront bien leurs salles le 1er mai?

«8 jours, ce sont 500 000 personnes qui peuvent être immunisées avec un vaccin. Nous avons besoin de ce laps de temps. Ce n’est pas pour une semaine de différence qu’on nous tiendra rigueur, je crois», répond Alexander De Croo, Premier ministre d’un gouvernement qui fonde son entière stratégie sur le succès, aléatoire, de la campagne de vaccination. Tout son calendrier est fondé là-dessus.

Le 8 mai, «sept personnes sur dix de plus de 65 ans» devraient être vaccinées, ce qui autorisera les premières timides ouvertures, les échéances précédentes – 19 avril pour l’enseignement et les voyages, puis 25 avril pour les commerces et les métiers de contact – n’étant, en fin de compte, qu’un retour à ce qu’on connaissait avant la «pause pascale».

Condition posée: il faudra que la situation dans les hôpitaux «soit meilleure», différents ministres insistant sur un équilibre difficile à trouver. «On ne peut pas être aveugle à la situation dans les hôpitaux, ni rester sourd à la demande de perspectives», dira joliment Alexander de Croo. Mais aucun seuil à atteindre n’a pour autant été fixé.

500 en soins intensifs

Pour l’étape suivante par contre, début juin, «quand la quasi-totalité des plus de 65 ans et des personnes vulnérables aura été vaccinée», il faudra impérativement descendre «en dessous du seuil critique de 500 personnes en soins intensifs», et que les hôpitaux puissent «à nouveau exercer des soins normaux», précise le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, qui en fait une condition.

Ce seuil seulement autoriserait la reprise des activités en «intérieur» pour les restaurants et les cafés, mais aussi les salles de sports et de fitness ou les représentations culturelles. On se doute qu’une perspective si lointaine, et toujours conditionnelle, ne fera pas que des heureux.

On comprend aussi que les tensions ont été vives au sein du Codeco avant d’aboutir à ce compromis, entre l’intransigeance prudente des uns et le souci de réalisme des autres. «Je comprends parfaitement le ras-le-bol général», dira un Elio Di Rupo inquiet à l’idée que 50% de la population ne soutient plus les mesures prises.

«J’ai entendu que des autorités locales, bourgmestres, gouverneurs, ne feraient pas appel à la police», dit-il, si les interdits venaient à être bravés. Mais la question, posée, de savoir quelle sera l’attitude des gouvernements en cas de transgressions n’a pas reçu réponse.

La date du 1er mai n’est pas inscrite au calendrier présenté hier, mais elle sera cruciale. D’ici là, on voit mal comment pourrait se restaurer l’adhésion de tous ceux qui n’ont pas été convaincus, hier.



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