FRANCE

VIDÉO | Dîners clandestins à Paris: «Juridiquement, ce n’est pas un restaurant» mais «un club privé», se défend le chef Christophe Leroy

Le chef cuisinier impliqué dans l’organisation de dîners clandestins au Palais Vivienne s’est défendu au micro de BFMTV: «En période de Covid-19, il n’y a jamais eu plus de six personnes autour d’une table.»

Dans un entretien diffusé par BFMTV ce dimanche soir, Christophe Leroy, le chef cuisinier impliqué dans l’organisation de dîners clandestins au Palais Vivienne, a tenté d’apporter de la nuance dans le dossier qui agite le monde parisien.

Deux jours après la levée de sa garde à vue, le cinquantenaire a ainsi donné sa version des faits au grand public. Et, selon lui, il n’a jamais été question d’un «restaurant clandestin» mais plutôt d’un «club privé» qui a «commencé à prendre à la fin de l’année 2020».

Dans l’esprit du cuisinier, c’est clair: le Leroy’s Business Club tient plus de l’espace de co-working que du restaurant. «On reçoit le matin, le midi, l’après-midi, le soir quand c’était possible, dans un esprit club. [...] Mon métier c’est l’événementiel, la cuisine, les rencontres, depuis 35-40 ans. [...] J’ai trouvé une formule où je reçois chez moi, je présente des gens, c’est un show-room, un espace de co-working. Il y a des gens qui viennent ici travailler, qui louent un bureau. Et comme mon métier c’est l’art de vivre, la gourmandise, c’est normal que je leur serve quelques plats et quelques mets.»

Aucun membre du gouvernement au Palais Vivienne: «Jamais, jamais, jamais»

Au-delà d’un timide mea culpa, Christophe Leroy a surtout profité de l’interview donnée à BFMTV pour rappeler qu’il n’organisait pas d’événements. «En période de Covid-19, il n’y a jamais eu plus de six personnes autour d’une table», souligne-t-il d’ailleurs.

«Pourquoi ce mot restaurant? Pourquoi voir le côté négatif des choses? C’est très français de voir le négatif, regrette-t-il encore. Laissons les gens faire des choses. Juridiquement, ce n’est pas un restaurant.»

Plutôt confiant, le cuisinier assure aussi qu’il n’a «jamais servi» de membres du gouvernement depuis les mois passés: «Jamais, jamais, jamais. Je le dis droit dans les yeux, il n’y a eu aucun membre du gouvernement, pas plus des ministres que des secrétaires d’Etat ou autres.»

Toujours selon Christophe Leroy, le prix élevé de l’entrée s’explique donc surtout par le cadre fourni et non les repas servis. «On paie un forfait minimum de 130 euros pour passer la porte, si j’ai validé l’invitation, qu’on mange un plat ou qu’on boive un verre d’eau. Pourquoi? Parce que c’est un lieu où on a internet à disposition, c’est un salon, comme vous seriez dans un lobby de palace. On est à 300 mètres des Champs-Élysées, ce n’est pas gratuit, pourquoi ça le serait? J’ai une clientèle internationale qui vient ici.»

Préférant parler de «maladresse» en ce qui concerne la soirée du 1er avril, celle qui a provoqué un tollé sur la toile, le cuisinier regrette de ne pas avoir annulé l’événement. Avant de s’interroger tout de même: «Est-ce-que ça mérite ce tollé médiatique?»

+ À LIRE AUSSI | Dîners clandestins: l’ancien ministre Brice Hortefeux se défend de toute pratique illégale

Bien décidé à ne pas mettre fin à son «projet de vie», le chef français est persuadé que cette épreuve «passera comme toutes les autres».