BRUXELLES

«La détresse ne peut plus être ignorée»: le collectif L’Abîme réclame une autorisation officielle pour une «Boum2» le 1er mai

«La détresse ne peut plus être ignorée»: le collectif L’Abîme réclame une autorisation officielle pour une «Boum2» le 1er mai

Avec des revendications davantage politiques, le collectif L’Abîme se distingue du canular «La Boum», lancé comme une blague potache pour le 1er avril. L’idée est désormais une «Boum2» pour revendiquer un assouplissement des mesures pour la jeunesse. Collectif L’Abîme

«Donnez-nous l’autorisation et une date pour organiser une Boum2 dans le bois de La Cambre»: voilà le défi du collectif L’Abîme à la Ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden, qui propose son aide aux jeunes dans «le sprint final» contre le covid. Sans réponse, une fête clandestine s’emparera de l’espace vert le 1er mai.

«Vous l’aurez sans doute constaté, beaucoup d’entre nous n’ont plus peur. Et une jeunesse qui aurait son avenir devant elle mais qui n’a plus peur de le sacrifier en allant jusqu’à défier les forces de l’ordre pour un moment de liberté, est selon nous un très grave signal de détresse que l’on ne peut ignorer plus longtemps». Fort de ce constat, et s’appuyant sur une tripotée d’études assertant la détresse psychologique inédite en Belgique depuis l’entrée en vigueur des restrictions sanitaires, le collectif L’Abîme met au défi la Ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden.

Ce collectif est à l’origine du 2e rassemblement du Bois de La Cambre au lendemain du canular «La Boum» et du fiasco répressif qui en a résulté. Son idée première était une réunion au Cinquantenaire mais le «succès» de La Boum» a poussé cette organisation à embrayer près des étangs. L’Abîme se défend d’être «organisateur» mais se définit comme «coordinateur». Et, pour «La Boum 2», s’est doté d’un événement Facebook sérieux où 4500 personnes ont déjà annoncé leur présence. Son site web, froid et clair, aux revendications politiques assumées dans un manifeste en ligne depuis la mi-mars, est aux antipodes des blagues potaches qui ont fait le buzz sur les pages de la première «Boum». Une pétition en émanant est par ailleurs lancée depuis ce 6 avril.

 

Une jeunesse qui a son avenir devant elle mais qui n’a plus peur de le sacrifier est un grave signal de détresse

 

 

 

«Nous avons trouvé une occupation à proposer aux jeunes afin qu’ils trouvent le temps moins long avant d’apercevoir la lumière au bout du tunnel», annonce donc L’Abîme. Cette occupation, c’est l’organisation d’une nouvelle fête au Bois de La Cambre le samedi 1er mai. Autorisée, cette fois-ci. C’est pour obtenir ce blanc-seing que L’Abîme prend la balle au bond après la lettre ouverte de la mandataire CD&V invitant les jeunes à «se trouver un challenge» pour que les «dernières semaines» d’effort «filent». Dans cette adresse à la jeunesse, Verlinden l’invitait à se tourner vers elle «pour savoir comment nous pouvons vous aider» dans ce qu’elle appelle «le sprint final».

Du tac au tac, L’Abîme saisit donc la balle au bond. Et s’empare du vocabulaire militaire, référence aux attributions de la Ministre. «Votre mission, si vous l’acceptez madame la Ministre puisque vous nous avez proposé votre aide, est de nous accorder l’autorisation officielle ainsi qu’une date pour l’organisation d’une Boum 2 dans le bois de La Cambre et, si vous le jugez nécessaire, de nous proposer des règles sanitaires qui prendraient en considération les avis de spécialistes dont certains estiment que le risque de ce genre d’événement est minime et pourtant tellement vital à notre jeunesse».

 

À aucun moment vous n’avez fait appel à l’intelligence collective ou à notre sens des responsabilités.

 

En tendant cette perche, L’Abîme souligne sans doute qu’il est désormais temps de changer de tactique après les règles imposées dans l’urgence et la répression. «À aucun moment vous n’avez fait appel à l’intelligence collective ou à notre sens des responsabilités». Des reproches qui sont également adressés aux autorités par les sociétés événementielles ou le monde de la nuit.

Et de prévenir: «sans réponse de votre part ou si votre proposition ne satisfait pas l’impatience légitime de notre jeunesse […], il est fort probable qu’un nouveau mouvement citoyen voie le jour afin de réclamer notre droit de nous réunir et de faire la fête. Nous estimerons dans ce cas avoir la légitimité d’agir».