BRUXELLES

1re insolite mais symbolique: la détention des phoques et otaries interdite à Bruxelles

1re  insolite mais symbolique: la détention des phoques et otaries interdite à Bruxelles

Les phoques pas plus que les otaries ne pourront nager en Région bruxelloise. Katharine Moore – stock.adobe.com

Décision étonnante mais qui se veut «symbolique»: la Région bruxelloise est la première d’Europe à interdire la détention des pinnipèdes. Les otaries, phoques et morses ne nageront jamais plus dans notre capitale. Ça vaut aussi pour les cétacés.

Après avoir interdit les delphinariums, la Région bruxelloise continue de prendre les devants concernant la détention d’animaux marins sur son sol. Ainsi, le Ministre bruxellois du bien-être animal Bernard Clerfayt (DéFI) annonce-t-il ce 6 avril 2021 que Bruxelles devient «la première région d’Europe à interdire la détention des otaries».

C’est toute la famille des pinnipèdes, qui regroupe 35 espèces de mammifères marins dont otaries, phoques, morses et autres lions de mer, qui est concernée. Les cétacés, soit dauphins, orques, baleines et autres bélugas, sont aussi interdits depuis ce 4 avril, soit 86 espèces.

«Depuis ce 4 avril 2021, il est strictement interdit de détenir des cétacés et des pinnipèdes en Région bruxelloise. Si personne ne veut croire en l’ouverture d’un delphinarium sur le territoire bruxellois, la mesure est surtout symbolique. Objectif: faire tache d’huile et amener les régions et pays voisins à prendre des dispositions similaires», défend le communiqué du cabinet ministériel du bien-être animal sur une mesure qui peut certes paraître insolite sur le sol bruxellois, mais pourrait faire des vagues ailleurs.

«Y prenons-nous réellement du plaisir?»

Pour justifier cette action «symbolique» et relativement peu risquée politiquement, Clerfayt cite d’une part «les vives inquiétudes des citoyens sur le sort réservé aux dauphins, orques, marsouins mais aussi otaries ou phoques exploités dans les delphinariums et parcs», et d’autre part les alertes du monde scientifique. «Selon la science, il s’agit d’êtres dotés de capacités cognitives développées. Leur détention dans un milieu clos pour le seul divertissement peut s’apparenter à l’enfermement d’un humain dans une prison».

Bruxelles se dit ainsi à la pointe du combat. «Plusieurs de nos voisins ont déjà interdit la détention de cétacés. Mais nous sommes les premiers à interdire celle des otaries, phoques et morses», se félicite le mandataire amarante. «L’objectif est évidemment de rendre impossible l’établissement d’un parc aquatique sur le territoire bruxellois mais surtout d’adresser un message fort aux autres régions et pays qui l’autorisent encore». Et de se demander: «Prenons-nous réellement du plaisir à voir ces animaux sauter dans l’eau contre quelques poissons? Est-ce cette image d’animaux-esclaves que nous voulons véhiculer auprès de nos enfants?»