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Philippe Leruth: le président s’en va

Philippe Leruth: le président s’en va

Philippe Leruth met un terme à sa longue carrière. D.R.

Journaliste à L’Avenir, ancien président de la Fédération internationale des journalistes, Philippe Leruth s’en va.

L’œil facétieux, la démarche chaloupée, une ligne de jeune premier mais le cheveu rare, Philippe Leruth s’en va. Il fermera la porte derrière lui un... premier avril, ça ne s’invente pas.

Après un peu plus de 43 années de service, il a commencé le 1er octobre 1977, il quitte la maison. La tête haute. Il aura travaillé jusqu’au dernier jour de sa longue carrière à Vers l’Avenir et puis L’Avenir, comme si de rien n’était.

Avec détermination et conviction, défendant ses pages monde comme un bien précieux. S’impliquant dans la vie du journal, du service et la défense du métier et de ses collègues avec un enthousiasme et un investissement intact. Bluffant.

Huy, Verviers, Bouge

Ce Braivois d’origine a commencé sa carrière à Vers l’Avenir Huy-Waremme, avec Jean-Marie Doucet comme chef bienveillant. C’est là qu’il a commencé à aiguiser cette plume qui allait se révéler subtile et rigoureuse.

Ses armes faites, il faisait ses valises pour l’édition de Verviers. Grand bien lui en prit, c’est dans cette région qu’il trouvait l’âme sœur. Après, c’est son cœur professionnel qui allait balancer entre ces deux éditions. Ce qui ne fut pas toujours simple.

Le bureau de Liège jouait les arbitres. Il s’y installait pendant 13 ans. Finalement, cet indécrotable supporter du RFC Liège effectuait son dernier transfert vers le siège namurois du journal pour rejoindre le service Toutes éditions et prendre en main les pages monde. C’était en 2005.

Il y a instillé son intérêt pour le continent africain mais aussi révélé l’étendue de son réseau de contacts et cultivé son multilinguisme enviable. La maîtrise de sept langues ouvre de nombreuses portes.

Président de tous les journalistes

S’il a le journalisme chevillé au corps, il s’est aussi beaucoup investi dans la défense de la profession et de ses membres.

C’est ainsi qu’il a été élu président de l’AGJPB (Association générale des journalistes professionnels belges), en 1995, où il a fait aboutir le processus de dé-fédéralisation de l’Union professionnelle pour devenir ensuite le premier président de l’AJP (Association des journalistes professionnels), en 1999. Il a donc été président pendant 10 ans.

Mais l’homme ne s’est pas arrêté là, il a aussi été vice-président de la Fédération européenne des journalistes (FEJ) pour ensuite être élu au poste de président de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). La FIJ, la plus grande organisation de journalistes au monde qui représente 600 000 professionnels des médias dans plus de 140 pays.

Homme de solutions

Martine Simonis, secrétaire générale de l’AJP: «C’est un homme de solutions, que ce soit à l’AJP ou à la FIJ où la situation était complexe, il a toujours raisonné comme cela. C’est un homme désintéressé, il ne fait pas ça pour les honneurs ou pour le pouvoir. Pour moi, ce fut un hyper président. Travailler avec lui est très agréable. Attention, il est têtu mais pas rancunier.»

Derrière ces missions et ces mandats, il fut aussi élu syndical, on trouve un homme attachant, chaleureux, au caractère bien trempé. Érudit, il a nourri de nombreux éditos à la vitesse de l’éclair mais aussi la réflexion de moult collègues. Cette expérience qui fait la richesse d’un média s’en va. Une perte. Salut Philippe, rendez-vous sur ton blog Philochar.


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