BRUXELLES

À Bruxelles, on peut toujours capturer les pigeons: «cruel et inefficace»

À Bruxelles, on peut toujours capturer les pigeons: «cruel et inefficace»

Les pigeons aussi ont chaud. Or, selon Victoria Austraet, certains meurent de soif dans les processus de capture encore autorisés à Bruxelles. BELGA

La députée bruxelloise indépendante Victoria Austraet (ex-Dier Animal) veut interdire les dérogations permettant de capturer les pigeons à Bruxelles. Selon elle, ces pratiques sont cruelles envers les animaux. Et de surcroit inefficaces.

La députée bruxelloise indépendante Victoria Austraet (ex-Dier Animal) a proposé lundi d’interdire le régime de dérogation permettant de capturer les pigeons à Bruxelles.

En Région bruxelloise, il est encore fréquent que des entreprises ou des communes capturent des pigeons urbains à l’aide de cages, avant de les euthanasier en raison des nuisances qu’ils occasionneraient.

Sociétés anti-nuisibles

Selon la députée, en principe, la pratique est illégale: l’ordonnance bruxelloise sur la conservation de la nature empêche notamment l’emploi de «filets, pièges-trappes, appâts empoisonnés ou tranquillisants» pour capturer toute espèce d’oiseaux. Mais il arrive que des dérogations continuent d’être octroyées à des sociétés «anti-nuisibles», qui travaillent pour le compte d’autres entreprises, telles que la STIB, ou de pouvoirs publics.

Victoria Austraet dénonce ce régime de dérogations «cruel et inefficace» pour les captures de pigeons. Elle a par conséquent déposé une proposition d’ordonnance au parlement bruxellois visant son abrogation.

Morts de soif

Pour elle, ces captures sont contraires au bien-être animal. Il arrive que des pigeons meurent de soif dans des cages où ils ont été emprisonnés durant plusieurs jours sans que les employés ne viennent les relever, à l’image d’une situation qu’elle dit avoir observée dans les installations de la SNCB, à la Gare Centrale. Selon elle, les oiseaux qui survivent ne connaissent pas un sort beaucoup plus enviable, puisqu’ils sont généralement tués par gazage.

Au-delà de la souffrance animale, la députée remet également la pratique en question pour des questions d’efficacité. D’après elle, quand on éradique des pigeons à un endroit donné, il se produit une compensation démographique: la fécondité augmente, la mortalité naturelle diminue et des individus provenant d’autres zones viennent s’y installer.

D’autres méthodes?

Cette réalité est reconnue par l’agence Bruxelles Environnement. Dans un dossier édité en 2019 en collaboration avec Natagora, elle conclut que «cette méthode d’après les études scientifiques ne fonctionne pas, pose de grandes questions éthiques et est très coûteuse».

Or, c’est justement Bruxelles Environnement qui adopte les décisions de dérogation, a souligné Austraet.

Pour elle, d’autres méthodes de régulation existent pour réduire le nombre de pigeons urbains, comme l’installation et l’entretien de pigeonniers contraceptifs, ou encore la distribution de grain contraceptif. Plusieurs communes bruxelloises, comme Ixelles et la Ville de Bruxelles, s’engagent dans cette voie.