BRUXELLES

Logement temporaire dans l’ex-hospice Pacheco? La Ville dit «non»: ça serait trop cher

Logement temporaire dans l’ex-hospice Pacheco? La Ville dit «non»: ça serait trop cher

Réactiver les commodités comme l’eau ou l’électricité à l’ancien hospice Pacheco coûterait trop cher à la Ville: le logement temporaire ne peut s’y envisager. ÉdA – Julien RENSONNET

Il n’y aura pas de logement temporaire à l’ancien hospice Pacheco. La Campagne de Réquisitions Solidaires, qui a occupé le lieu, le demandait. Mais la Ville juge que ce n’est pas tenable.

Il n’est pas possible, tant pour des raisons techniques que d’opportunité notamment financière d’affecter tout ou partie du complexe de l’ancien home pour personnes âgées Pacheco à du logement temporaire, a souligné lundi soir le président du CPAS de la Ville de Bruxelles Khalid Zian.

À terme, ce site devrait être réaménagé en 150 logements pour ménages dits moyens, dans le cadre d’un projet de logement intergénérationnel qui impliquera des étudiants et des seniors. Les travaux ne seront pas lancés avant fin 2023, a précisé le président du CPAS répondant à des questions dans le contexte d’une interpellation citoyenne.

Celle-ci avait été sollicitée à la suite de l’expulsion, le 27 février dernier de militants de la Campagne de Réquisitions Solidaires qui s’étaient installés dans l’Institut Pacheco, pour dénoncer le fait que de nombreux bâtiments sont laissés à l’abandon alors que des milliers de personnes sont sans logement.

«Occupation écartée»

Le président du CPAS a souligné lundi soir que dès son arrivée à la tête du CPAS, il avait voulu développer une stratégie d’occupation systématique des immeubles inoccupés du patrimoine privé du CPAS. C’est dans ce cadre que deux conventions temporaires ont été conclues en décembre et en janvier, dans des bâtiments qui pouvaient s’y prêter et dans lesquels des travaux n’étaient pas programmés avant plusieurs mois. Sur les 2.300 logements du CPAS, 130 logements de transit et d’insertion, les locaux commerciaux, les bâtiments administratifs, les maisons de repos, les espaces inoccupés sont peu nombreux, a-t-il ajouté.

«Lorsque j’ai décidé de mobiliser des projets pour l’occupation temporaire à Pacheco, l’affectation d’une partie ou de la totalité du site du logement a été examinée et écartée, pour des raisons techniques et d’opportunité», a ajouté Zian invoquant tour à tour la vétusté, la dangerosité des installations techniques dans les bâtiments principaux, et la surconsommation d’énergie et d’eau.

Un million d’euros seraient nécessaires

Selon le président du CAS, des investissements considérables, de plus d’un million d’euros, pour un projet qui ne durerait pas plus de deux ans, devraient être accomplis, ce que ni le CPAS, ni un partenaire externe ne seraient prêts à consentir.

La Ville lancera par contre un appel à projets temporaires sociaux et culturels encourageant la mixité et la rencontre des publics, a-t-il confirmé, insistant sur la position stratégique du site au cœur de la ville, entre la place Sainte-Catherine et les quais d’une part, et les quartiers populaires dits Chicago et au-delà, du Bd d’Ypres et de la chaussée d’Anvers, d’autre part. Le CPAS investit un budget minimal de 300.000 euros sur trois ans dans ce cadre, et demandera au gestionnaire-coordinateur de développer un modèle économique autonome.

«Le CPAS contribue largement aux réponses individuelles et collectives à apporter aux sans-abrisme. Il est disponible pour renforcer son action, avec l’appui du niveau politique responsable, la Région», a insisté par ailleurs Khalid Zian.


Nos dernières videos