HUY

Grève nationale: À Huy, les syndicats ont suivi le mouvement

Les syndicats ont appelé à une grève nationale ce lundi 29 mars. Ils l’avaient dit et ils l’ont fait. Un raz de marée rouge et vert à Huy.

Tous les deux ans, représentants syndicaux et employeurs se mettent autour de la table pour discuter des accords interprofessionnels. Ceux qui définissent les conditions de travail mais aussi les fins de carrière et les augmentations de salaires. Et c’est là que le bât blesse. «On nous a proposé 0,4% d’augmentation. Autrement dit, circulez, il n’y a rien pour vous!», s’insurge Mireille Graindorge, représentante syndicale à l’Agence Locale pour l’Emploi (ALEm). À Huy, plusieurs secteurs revendiquaient leurs droits. Un ultime SOS lancé par les travailleurs dits «essentiels». Aujourd’hui c’est également l’occasion d’appeler à valoriser et à reconnaître davantage leur profession. Pas par des mots mais par des actes. «Il y a bien sûr un besoin d’augmenter les salaires mais aussi d’avoir une reconnaissance de notre travail, ajoute la représentante FGTB. Nous avons été reconnus comme des essentiels, on nous a mis en première ligne. Mais finalement, c’était du vent. Il n’y a aucun respect pour les aides ménagères. Les négociations sont bloquées. Alors on se met en grève, c’est notre dernier recours et on ne lâchera rien.»

Un mouvement bien soutenu

À la centrale de Tihange, l’action de grève est très bien soutenue pour le représentant syndical Gazelco: «0,4% c’est clairement insuffisant. Il nous considère comme un secteur essentiel mais il n’y a aucune reconnaissance. Pourtant les producteurs d’énergie n’ont pas eu à se plaindre de la crise sanitaire.» Une action symbolique également puisque la fin du nucléaire, c’est pour bientôt. «Ce sera pire que la fermeture d’Arcelor si les centrales s’arrêtent, poursuit-il. Alors aujourd’hui, il nous était important d’être présent en soutien et défendre l’ensemble des travailleurs.» La grève s’impose donc comme une arme ultime et légitime pour de nombreux secteurs, notamment celui de la construction. Chez Cop et Portier, les travailleurs avaient également installé un piquet de grève. «Les barrières sont ouvertes, on veut juste marquer le coup, précise David Reina, délégué syndical. Le secteur du bâtiment est essentiel lui aussi et il n’a pas trop subi la crise du coronavirus. Bien au contraire. Les chiffres sont très bons et nous, en tant que travailleurs, on demande juste notre part du gâteau. C’est nous qui sommes sur chantier et qui faisons tourner le secteur.»

Au rayon alimentaire, Lidl a suivi le mouvement et a fermé ses portes. Pour vos courses, il faudra donc attendre demain ou vous rabattre sur une autre grande surface.