SOCIÉTÉ

Grève nationale: quelles actions en province de Luxembourg?

Le point sur la grève nationale en province de Luxembourg. Où y a-t-il des arrêts de travail, des piquets de grève?

Lundi, en fin de matinée, la CSC et la FGTB ont convié la presse de la province de Luxembourg, devant la Chambre du Commerce et de l’Industrie, à Libramont, pour faire le point sur les actions menées en province de Luxembourg.

Pas facile toutefois de faire le point sur l’ampleur du mouvement, avec le télétravail.

Bruno Antoine, pour la CSC, et Joël Thiry, pour la FGTB ont dressé la liste des entreprises concernées par des mouvements de grève qualifiés de majeurs:

– Ferrero (environ 450 grévistes estiment les deux syndicats)

– Mima

– Jindal

– Ampacet

– Trico (anciennement Federal Mogul)

– Ter Beke

– Brico Plan It à Messancy

– à Marche: Carrefour, Delhaize, Aldi et Colruyt

– à Arlon: Carrefour et Delhaize

– Centre de tri de la poste

–…

Des piquets de grève sont aussi organisés devant:

– Hautes Ardennes

– Pierret System

– Autover

– L’Oréal

– Cora

– les magasins Aldi

– Ikéa

– des entreprises de travail adapté

– Valvert

– Des cheminots en gare d’Arlon

–…

À noter aussi, l’action à la maison de repos Mathelin à Messancy, avec un arrêt de travail de deux heures (et un service minimum bien entendu assuré).

Réinventer la grève?

En temps normal, cette grève nationale se serait traduite par d’imposants cortèges dans les rues de Bruxelles… Crise sanitaire oblige, la grève se fait plus discrète, avec de petits piquets, pour respecter les mesures sanitaires. «Effectivement, la grève est moins visible, mais cela ne veut pas dire que rien ne se passe», commente Joël Thiry (FGTB).

Les travailleurs en «télégrève» sont invités à se prendre en selfie et à envoyer leurs photos.

«Plus que réinventer la grève, nous insistons sur l’action sociale et sur l’éducation permanente», ajoute Bruno Antoine (CSC).

Les deux syndicats distribuent une «gazette des salaires» pour conscientiser les travailleurs.

«On peut être en combat syndical sans être nombreux sur la voie publique», ajoute Bruno Antoine.

Pour rappel, cette grève se déroule dans le cadre des négociations de l’accord interprofessionneldans le secteur privé. La CSC et la FGTB réclament des salaires plus décents pour les travailleurs. Les syndicats ne veulent pas entendre parler d’une norme salariale plafonnée à 0,4% (en plus de l’indexation automatique des salaires) pour les deux prochaines années.

«La Chambre du Commerce à côté de la plaque»

La sortie dans la presse de la Chambre du Commerce parlant d’une grève «totalement incompréhensible et inopportune» qui va impacter les PME et les indépendants les plus fragilisés, n’a pas plu aux syndicats.

«La Chambre du Commerce est à côté de la plaque, commente Bruno Antoine (CSC). L’augmentation salariale que nous réclamons ne sera pas thésaurisée, elle sera utilisée pour consommer. C’est la consommation qui fait tourner les entreprises affiliées à la Chambre du Commerce. Elle a raté une occasion d’intelligence, en préférant être la voix de la FEB (Fédération des entreprises belges) et des multinationales.» Une FEB «qui ne défend pas les entreprises, elle défend les actionnaires», réplique Joël Thiry (FGTB).


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