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Dopage: le Dr Fuentes, évasif sur ses liens éventuels avec de gros clubs de foot espagnols, pointe le champion olympique 1992 du 1500 m

Dopage: le Dr Fuentes, évasif sur ses liens éventuels avec de gros clubs de foot espagnols, pointe le champion olympique 1992 du 1500 m

Le docteur Eufemiano Fuentes estime que de nombreux athlètes médaillées aux Jeux olympiques de Barcelone étaient dopés. Photo News

L’ancien médecin Eufemiano Fuentes, personnage central de l’affaire de dopage «Puerto» dans le cyclisme en 2006, a sous-entendu ce dimanche dans un entretien à la chaîne de télévision Sexta, avoir travaillé de manière informelle ou avoir été approché par certains clubs de foot de première importance en Espagne.

Confronté à un document publié par le quotidien El Pais faisant état d’une supposée comptabilité occulte à la Real Sociedad où apparaissaient des versements suspects et des anotations de sa part, le Dr Fuentes s’est défendu de manière ambigüe.

«Je vois ce document et je reconnais que cette lettre est la mienne, a-t-il dit. Je n’ai pas été le médecin de la Real Sociedad mais (à la vue de ce document) on peut penser que je les ai conseillés d’une manière ou d’un autre».

En 2013, l’ancien président de la Real Sociedad (de janvier à décembre 2008), Inaki Badiola, avait affirmé dans un entretien au journal AS que ses prédécesseurs disposaient d’un réseau d’achat de produits dopants dont «Eufemiano Fuentes pourrait bien en être le fournisseur».

La direction de la Real Sociedad avait rejeté ces accusations, tout comme le président du club entre 2001 et 2005, José Luis Astiazaran.

Le Dr Fuentes travaillait de manière tout à fait officielle pour les clubs de l’Union Deportiva de Las Palmas, Universidad de Las Palmas et Elche, mais «officieusement j’étais parfois embauché ou sollicité (par des équipes), car il n’y avait pas de contrats, pour conseiller leurs techniciens, leurs médecins sur le contrôle, la récupération et le suivi de leurs joueurs».

Fuentes dit avoir fourni des produits à Fermin Cacho

Dans un entretien à la chaîne de télévision Sexta, le médecin espagnol, acquitté en appel en 2016 par la justice espagnole, assure par contre avoir prescrit au champion olympique 1992 du 1500 m, l’Espagnol Fermin Cacho, «tout ce qu’il y avait à cette époque», notamment «des expanseurs du volume plasmatique, des réducteurs d’acide lactique, des stimulants naturels de la testostérone ou des acides aminés».

«Je tiens à nuancer, on ne fait pas d’un âne un cheval de course, le fait qu’à un moment j’ai aidé, conseillé ou prescrit un traitement pour améliorer sa performance ne veut pas dire que c’est pour ça qu’il a gagné ce qu’il a gagné», a déclaré Fuentes, pour qui Cacho est un «athlète et un coureur exceptionnel».

Dans la même interview, Fuentes a déclaré que s’il dévoilait tout ce qu’il savait sur les Jeux de Barcelone en 1992, «des médailles tomberaient», tout en ajoutant: «C’est pour ça que je ne veux pas le dire».

Je sais que des médaillés (des JO 1992, NDLR) ont eu recours à des substances dopantes, mais 28 ans après, c’est quasiment impossible à démontrer, et cela peut faire l’objet d’une plainte.

«Je crois que oui (il y a eu du dopage à Barcelone en 1992), mais je ne peux pas le prouver», a-t-il poursuivi. «Ce que je devrais dire, c’est que je sais que des médaillés ont eu recours à des substances dopantes, mais 28 ans après, c’est quasiment impossible à démontrer, et cela peut faire l’objet d’une plainte. En disant quelque chose que l’on ne peut pas démontrer, on peut se retrouver au tribunal, et ça je ne le veux pas».

Fuentes, qui a travaillé pour la Fédération espagnole d’athlétisme, des clubs de football et des équipes cyclistes, a révélé avoir voyagé à l’époque dans les pays de l’ancien bloc communiste.

«Durant ces voyages, j’ai appris des techniques de dopage. Ils étaient financés par les organismes avec qui j’étais sous contrat et l’un d’eux était la fédération» d’athlétisme, a-t-il affirmé.

«J’ai utilisé des médicaments dopants avant qu’ils ne soient interdits et quand ils le devenaient, j’en utilisais d’autres pour ne pas franchir la ligne rouge», a-t-il ajouté.

«Je ne suis pas un délinquant», s’est-il défendu.

Fuentes a également précisé qu’il avait été approché par des équipes «de niveau Ligue des champions», mais qu’il n’avait travaillé avec aucune d’entre elles.

Le médecin, âgé de 66 ans aujourd’hui, a encore dit qu’il avait eu quelques contacts avec le FC Barcelone mais sans suite. Il est resté en revanche plus ambigü concernant le Real Madrid.

«Je ne vais pas répondre à cette question (concernant son éventuelle collaboration avec le Real), mais cela ne veut pas dire que c’était le cas, j’ai déjà dû témoigner dans un procès sur cette question et j’avais dit non, donc (aujourd’hui) je te dis non», a-t-il répondu au journaliste de La Sexta, Jordi Evole.

Eufemiano Fuentes faisait référence au procès à l’issue duquel le journal français Le Monde avait été condamné en 2014 à indemniser le Real Madrid de 300.000 euros et Barcelone de 15.000 euros pour avoir insinué en 2006 que les deux équipes avaient utilisé les services de Fuentes.

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