ÉCONOMIE

FGTB et CSC mobilisées pour réclamer une plus grande marge salariale

FGTB et CSC mobilisées pour réclamer une plus grande marge salariale

Plusieurs secteurs seront touchés par la grève nationale. Belga (Illustration)

La CSC et la FGTB appellent à la grève nationale, voire à la «télégrève» ce lundi.

Les deux syndicats réclament des salaires plus décents pour les travailleurs. Les syndicats ne veulent pas entendre parler d’une norme salariale plafonnée à 0,4% (en plus de l’indexation automatique des salaires) pour les deux prochaines années, une recommandation du Conseil central de l’Economie considérée comme une «aumône» par les organisations de travailleurs.

Celles-ci attendent des efforts de la part des secteurs qui ont pu sortir gagnants de la crise du coronavirus. Les syndicats constatent que les dividendes filent vers les actionnaires mais que rien n’est prévu pour les employés. Ils demandent aussi de revoir à la hausse le salaire minimum et des accords sur les fins de carrière.

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La CGSLB n’a pas appelé à participer à la grève générale, jugeant un tel mouvement prématuré «surtout dans l’état actuel de la crise sanitaire». Elle aussi estime insuffisante la marge salariale de 0,4%, mais privilégie «des actions alternatives de sensibilisation de la population pour convaincre les employeurs et le gouvernement».

Les transports publics touchés

Ce sont avant tout les transports publics qui seront perturbés par les actions syndicales ce lundi. Un préavis de grève a été introduit à la SNCB, à la Stib, au TEC et chez De Lijn. L’impact sur le trafic de ces compagnies n’est pas encore connu mais chacune d’elles a invité les voyageurs à prendre leurs précautions. Des informations seront données en temps réel tout au long de la journée sur divers canaux de communication.

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À la SNCB, les perturbations ont débuté ce dimanche à 22h00, et le trafic normal ne devrait reprendre que 24 heures plus tard. Un service minimum est prévu.

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Des actions sont également programmées en entreprises, tous secteurs confondus. Les représentants syndicaux pensent que la mobilisation sera grande. «Surtout dans des entreprises où l’on a continué à travailler pendant la crise. Parfois dans des circonstances difficiles. Les gens veulent voir cette flexibilité récompensée», commente William Van Erdeghem, de l’ACV/CSC Metea. Dans les secteurs du textile et du métal, quelque 400 sociétés seront touchées par des grèves.

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La production devrait être complètement à l’arrêt dans certaines grosses entreprises comme Audi à Forest, Volvo Trucks à Gand, et Van Hool à Lierre. À Brucargo à Zaventem, où se concentrent de nombreuses entreprises de logistique ayant connu une belle croissance lors de la crise, les syndicats ont l’intention d’installer un barrage filtrant au rond-point proche de l’aéroport. Le porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, a notamment annoncé sa présence en matinée.

«Un coup de poignard dans le dos»

Les supermarchés devraient aussi être touchés. «La détermination est grande. Nous nous attendons à un faible taux d’occupation dans les grandes surfaces», explique Kristel Van Damme de l’ACV Puls (CNE).

«Avec la volonté de respecter strictement les mesures sanitaires, les travailleurs répondront à leur manière à l’appel à la mobilisation: devant leur entreprise, en grève à la maison ou par des actions symboliques. Tous les secteurs privés sont concernés: les titres-services, le commerce, l’industrie, le transport et la logistique, le non-marchand, les soins de santé, les entreprises de travail adapté», explique la CSC dans un communiqué.

Les patrons ne sont évidemment pas ravis d’une telle mobilisation en pleine pandémie. «Faire grève aujourd’hui, un dommage économique tout à fait évitable, c’est un coup de poignard dans le dos», commente l’organisation patronale flamande Voka. Celle-ci souligne qu’une telle journée peut ruiner la réputation de notre pays sur la scène internationale. «Il ne faut pas sous-estimer le regard que vont porter les grandes entreprises internationales vers leurs sièges situés chez nous. Aucun pays en Europe ne se risque à une grève nationale en pleine crise du coronavirus «Mais la Belgique bien. Et cela nuit à l’image du pays plus que nous ne l’imaginons.»