SAINT-GILLES

«Et dire que c’était le bar de mon premier vomi»: Rocky Pompadour ne rouvrira pas au Parvis de Saint-Gilles

«Et dire que c’était le bar de mon premier vomi»: Rocky Pompadour ne rouvrira pas au Parvis de Saint-Gilles

La patronne parie qu’une adresse «probablement plus distinguée» remplacera le Rocky Pompadour, qui manquera à son public d’étudiants et de fêtards. ÉdA – Julien RENSONNET

Rocky Pompadour, café populaire du Parvis de Saint-Gilles, ne rouvrira pas lorsque les bars auront enfin le feu vert. Anneke, sa souriante patronne, ne met pas tout sur le dos du coronavirus.

Les habitués du Parvis de Saint-Gilles devront peut-être changer leurs habitudes lorsque les cafés et bars pourront enfin rouvrir à Bruxelles: le Rocky Pompadour aura disparu de la carte.

Connue pour son ambiance bon enfant qui vire souvent à la fête la nuit venue, ses tarifs honnêtes et ses murs couverts de vieilles publicités découpées dans des illustrés vintages, l’enseigne saint-gilloise annonce en effet en vitrine qu’elle ne rouvrira pas. Avec l’humour indécrottable de la patronne, Anneke, qui signe sous cette adresse: «Rocky, c’est fini! Et dire que c’était le bar de mon premier vomi».

«Et dire que c’était le bar de mon premier vomi»: Rocky Pompadour ne rouvrira pas au Parvis de Saint-Gilles
L’humour de la patronne ne disparaîtra pas avec son bar. ÉdA – Julien RENSONNET

«Le virus m’a aidée»

Sur Facebook, la tenancière se fait un peu plus loquace. Il s’avère que le covid n’est pas seul responsable. «Je ne suis pas triste: je suis enfin prête… C’est un soulagement, après des mois d’incertitude. Ce n’est pas le virus machin qui m’invite à déposer les armes. Il m’a plutôt aidée à enfin prendre la décision qui s’imposait. Parce qu’une occupation précaire, ce n’est jamais confortable. Aujourd’hui, la maison est presque vendue». Et de terminer avec un pied de nez sur la gentrification qui grignote le Parvis depuis une dizaine d’années: «Un commerce probablement un peu plus distingué y naîtra».

La «bistrotière» comme elle se qualifie, se confie aussi un peu plus intimement: «Je veux vivre une vie que je choisirai. Ce métier dans lequel feu mon mari me plongea, j’ai appris à l’aimer de toutes mes tripes. Mais ce n’était pas ma vocation. Je suis heureuse d’avoir vécu toutes ces années emplies de rencontres extraordinaires».

Les clients occasionnels comme les habitués de ce caberdouche qui régala longtemps Saint-Gilles des spaghettis les moins chers du coin se souviendront de Rocky Pompadour et de sa patronne comme un des derniers bistrots réellement populaires de la commune.

«Et dire que c’était le bar de mon premier vomi»: Rocky Pompadour ne rouvrira pas au Parvis de Saint-Gilles
La patronne parie qu’une adresse «probablement plus distinguée» remplacera le Rocky Pompadour, qui manquera à son public d’étudiants et de fêtards. ÉdA – Julien RENSONNET


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