SYRIE

Frappes aériennes turques contre une zone kurde, les premières depuis 17 mois

Frappes aériennes turques contre une zone kurde, les premières depuis 17 mois

(photo prétexte) AFP

L’aviation turque a mené samedi soir des frappes aériennes contre une zone tenue par les milices kurdes dans le nord de la Syrie, les premières depuis 17 mois, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

«Un avion de combat turc a pris pour cible des positions militaires des Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) dans le village de Saida, près de la localité de Ain Issa», a précisé l’OSDH. «Il s’agit des premiers raids aériens depuis l’opération ‘Source de la paix’« lancée en octobre 2019 par Ankara et des groupes syriens alliés contre les FDS dans le nord de la Syrie, a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

L’opération, interrompue après deux accords négociés par Ankara avec Washington, puis avec Moscou, avait permis à Ankara de s’emparer d’une bande frontalière de 120 kilomètres de largeur en territoire syrien et d’une trentaine de kilomètres de profondeur. La ville de Ain Issa et ses environs sont toutefois restés aux mains des forces kurdes.

Ces raids interviennent alors que les combats font rage aux abords de cette localité stratégique, selon l’OSDH. «Les affrontements se poursuivent entre les deux camps depuis 24 heures (...) les forces turques ont du mal à avancer tandis que les FDS ont réussi à détruire un char turc», a indiqué à l’AFP M. Abdel Rahmane.

Les Unités de protection du peuple (YPG), partie intégrante des FDS, sont considérées par Ankara comme l’extension syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe classé comme «terroriste» par Ankara et ses alliés occidentaux. Mais cette milice kurde a aussi été en première ligne dans la lutte armée contre le groupe État islamique (EI) en Syrie, avec l’appui de la coalition internationale anti-jihadistes.

Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie par le régime de Damas, s’est complexifié au fil des ans, impliquant plusieurs acteurs régionaux et internationaux. La guerre a fait plus de 388.000 morts et des millions de déplacés.

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