WOLUWE-SAINT-PIERRE

Pharaonique, l’extension de l’ambassade de Chine? «Il n’y a pas de privilège»

Pharaonique, l’extension de l’ambassade de Chine? «Il n’y a pas de privilège»

L’ambassade de Chine dérogera à une dizaine de règles urbanistiques pour son extension à Woluwe-Saint-Pierre, mais le Secrétaire d’État à l’urbanisme Smet dément tout favoritisme. Google Earth

La Chine a-t-elle obtenu un passe-droit régional pour l’extension de son ambassade à Woluwe-Saint-Pierre? Le bâtiment a obtenu une dizaine de dérogations aux règles. Le Secrétaire d’État bruxellois à l’Urbanisme dément tout favoritisme.

La demande de permis d’urbanisme introduite par l’ambassade de Chine pour construire un immeuble de 21 logements à Woluwe-Saint-Pierre n’a pas bénéficié d’un traitement différent de celui réservé aux autres dossiers, a affirmé lundi le secrétaire bruxellois de l’Urbanisme, Pascal Smet (one.brussels/sp.a).

Smet était interpellé en commission du parlement bruxellois par des députés, tant de la majorité (PS, Écolo, DéFI) que de l’opposition, qui l’ont interrogé sur les motifs de validation de la dizaine de dérogations aux règles urbanistiques en vigueur dans ce dossier. Dans l’opposition, le MR et le cdH ne sont pas convaincus par les explications fournies par l’administration de l’urbanisme.

«Il n’y a pas d’urbanisme diplomatique»

La commune de Woluwe-Saint-Pierre avait annoncé le 5 mars dernier qu’elle introduirait tous les recours possibles contre l’octroi de ce permis concernant un terrain situé avenue Bois du Dimanche numéro 14, sur lequel l’ambassade veut construire un immeuble de 21 logements pour y loger son personnel. Cette construction est projetée dans un quartier verdurisé et résidentiel d’habitations unifamiliales à quatre façades. Elle est jugée pharaonique par les riverains.

«Il n’y a pas d’urbanisme diplomatique, ni des ambassades. Chaque demande est traitée de la même façon. L’administration a instruit le dossier en respectant les délais et les procédures, en écoutant les riverains et en imposant les conditions à une urbanisation mesurée. C’est conforme à ce que prévoit l’accord de gouvernement bruxellois en matière de densification, et pas seulement dans la première couronne de la ville», a affirmé Pascal Smet, lundi, en commission du Développement territorial.

Loin du ratio

Selon le secrétaire d’État, le ratio plancher-sol préconisé par le Plan Régional de Développement Durable pour l’avenue en question est de 0,50. Dans le cas présent, il a été abaissé de 0,44 à 0,40 dans la demande de permis modifiée. On est loin du ratio observé dans d’autres quartiers de la Ville où il est de 1, 3, voire 5.

«Il n’y a donc pas de privilège, d’autant qu’à la suite des remarques émises, des modifications ont été apportées, notamment en ce qui concerne la sortie de secours qui ne sera réservée qu’aux véhicules de secours» via cette avenue résidentielle, a encore dit Pascal Smet.

Sur le plan de la biodiversité, le secrétaire d’État a indiqué que le projet prévoyait l’abattage de 32 arbres dont certains ont été diagnostiqués malades mais aussi l’implantation de 41 arbres haute tiges.