La concertation sociale au point mort, le gouvernement va réunir les partenaires sociaux

La concertation sociale au point mort, le gouvernement va réunir les partenaires sociaux

Illustration BELGA

Le délai fixé aux partenaires sociaux pour la conclusion d’un accord interprofessionnel est désormais passé, sans qu’aucun accord n’ait été trouvé. Le gouvernement fédéral va maintenant rencontrer les partenaires sociaux à brève échéance.

En principe, les organisations patronales et syndicales devaient conclure un accord interprofessionnel 2021-2022 dans les deux mois suivant la publication du rapport du Conseil central de l’Économie fixant notamment la marge salariale.

Ce délai étant passé depuis dimanche (14 mars), la balle revient dans le camp du gouvernement. Les partenaires sociaux n’ont que très peu négocié, tant les points de vue semblent éloignés depuis le début. Les syndicats ne veulent pas entendre d’une norme salariale plafonnée à 0,4% (en plus de l’indexation automatique des salaires) pour les deux prochaines années, une «aumône», selon eux. Ils veulent que des augmentations de salaire plus importantes soient possibles dans les secteurs qui ont tiré leur épingle du jeu pendant la crise. Et les syndicats ne veulent plus non plus entendre parler de la loi de 1996 sur la formation des salaires telle que révisée en 2017 sous le gouvernement Michel et qui est un corset trop rigide à leurs yeux pour permettre toute négociation salariale digne de ce nom.

Du côté patronal, on crie à l’irresponsabilité des syndicats alors qu’avec la crise du coronavirus la Belgique a connu en 2020 une contraction de son économie sans précédent depuis des décennies. Et en ce début 2021, le contexte économique n’est guère plus folichon.

La FGTB et la CSC ont en outre appelé la semaine dernière à «une large journée d’actions assortie de grèves» le lundi 29 mars prochain.

C’est dans ce contexte que le gouvernement fédéral reprend la main. Une concertation est prévue «à court terme» entre le Premier ministre Alexander De Croo, le ministre de l’Emploi Pierre-Yves Dermagne et les partenaires sociaux afin de dresser un état des lieux; de voir si quelque chose est encore possible voire, le cas échéant, de constater l’échec définitif des négociations.

Il semble peu probable que la concertation sociale puisse être ranimée. Les syndicats, la CSC et la FGTB du moins, préparent leur journée d’actionalors que la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) s’étrangle à la perspective de cette action. «Le summum de l’irréalité? Après le plus gros choc économique jamais connu de -6,5% du PIB, paralyser le pays car une augmentation des salaires de 3,2% est trop faible, il faut le faire», a réagi sur Twitter le patron de la FEB, Pieter Timmermans.

Ce dernier n’a guère apprécié non plus la déclaration du président du PS, Paul Magnette, qui a dit soutenir « à 200% » l’appel à la grève. Un affront à l’entrepreneuriat, a encore déploré M. Timmermans.

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