BRUXELLES

Les riverains de la rue de la Loi invitent Ursula von der Leyen à discuter urbanisme

Les riverains de la rue de la Loi invitent Ursula von der Leyen à discuter urbanisme

L’immeuble The One, ici à droite, cristallise toutes les crispations des riverains du Quartier Léopold. Ceux-ci invitent la Présidente de la Commission, locataire de l’immeuble, à une discussion sur l’urbanisme dans leurs rues. ÉdA – Julien RENSONNET

«Des chantiers permanents au gré des besoins de la Commission européenne»: voilà ce que dénoncent les riverains du Quartier Léopold. Appuyés par d’autres associations, ils sollicitent la présidence de l’institution étoilée pour discuter urbanisme.

Les riverains du Quartier Léopold, l’une des zones du quartier européen de Bruxelles, publient une lettre ouverte pour alerter sur les «interminables chantiers» que la présence européenne leur fait subir. Et la destinataire de celle-ci n’est pas n’importe qui: il s’agit d’Ursula von der Leyen, la Présidente de la Commission européenne.

Dans le viseur des associations cosignataires réunies au sein de la Coordination Brussels-Europe (CBE) et représentées par la très active Association du Quartier Léopold (AQL) et son Président Marco Schmitt: «les plans de développement qui se succèdent depuis 60 ans au gré des besoins fluctuants des institutions européennes». L’AQL souligne que malheureusement, «cela ne s’est jamais traduit ni par une amélioration de l’environnement urbain, ni par une meilleure qualité du dialogue entre ces institutions et les habitant.e.s de Bruxelles».

Fragilités

La lettre s’attaque particulièrement à la tour The One, projet emblématique du Projet Urbain Loi (PUL) tout aussi décrié par les riverains. Ils parlent de «brutalité paysagère, environnementale et architecturale». Et de lister les nombreuses fragilités et dérogations réglementaires observées concernant ce PUL, contre lequel les associations ont introduit un recours. La lettre mentionne aussi le plus récent Plan d’Aménagement Directeur (PAD) en préparation, «probablement pour pallier les défauts du plan précédent et tenter d’autoriser a posteriori ce qui aura été déjà construit sans base légale».

Si les riverains s’adressent à Usrula von der Leyen, c’est parce que les gestionnaires immobiliers de la Commissions ont passé en juin 2020 un deal pour occuper The One. Mais aussi parce qu’un autre projet risque de sortir de terre sur le terrain mitoyen: «vos services ont conclu en janvier un accord pour la réalisation du centre de conférence adjacent, alors qu’aucun cadre juridique ne permet à ce stade de le construire».

N’importe quel prix

Accusant la Commission de «désinvolture», l’AQL estime que ces opérations relèvent «d’une représentation de la ville complètement dépassée» où les «besoins» de l’institution européenne sont «accompagnés par une autorité régionale trop contrainte par son souhait de vous accueillir à n’importe quel prix». De quoi s’assurer que les administrations pilotées par le Gouvernement Vervoort jettent aussi un œil sur le courrier.

Courrier dont l’objectif immédiat est de provoquer une réunion avec Ursula von der Leyen (ou du moins avec ses services concernés), «pour échanger nos points de vue et imaginer ensemble un dialogue plus constructif, en vue d’une meilleure intégration de votre institution dans le tissu urbain».