article abonné offert

COMMUNICATION

Et s’il y avait autre chose que: «J’ai raison»?

Et s’il y avait autre chose que: «J’ai raison»?

Comment bien choisir son langage? En communication non-violente, on apprend le langage de la girafe (celui de la non-violence), si différent du langage du chacal (qui juge et crée des conflits). -

Nos mots ont un pouvoir. Connaissez-vous la CNV (Communication Non Violente)? Marjorie Danna l’explique dans le livre «Sam et le pouvoir des mots».

Un ami ne tient pas sa promesse… On a donc deux bonnes raisons de ne pas être d’accord avec ça. Comment le lui dire?

« Souvent, on lui dit en ‘tu qui tue’, en langage chacal. Quand on se sent blessé, quand on vit des émotions désagréables, on a tendance à parler en chacal. Cela veut dire que l’on ne parle pas de soi mais de l’autre. C’est tellement plus facile d’accuser l’autre que de parler de soi. La CNV permet de parler de soi.»

Dans votre livre, Sam possède une formule secrète dont la première règle est d’observer.

Regarder plutôt que de réagir. Avec la CNV, on apprend à faire cela, ne pas réagir tout de suite. Regarder la scène avec une caméra va nous permettre de ne pas confondre ce qui est en train de se passer avec ce qu’on ressent. Si on confond, on passe en mode chacal, on accuse l’autre, qui, à son tour, ne peut pas nous entendre. La CNV permet de sortir du mode gagnant-perdant, j’ai raison-tu as tort, j’ai du pouvoir sur toi. Elle va aussi permettre de s’écouter soi-même.

Mais dans le conflit, n’est-ce pas souvent important d’avoir raison?

C’est compliqué de lâcher l’idée d’avoir du pouvoir sur l’autre. La CNV, c’est une communication nourrissante et vivante. Quand on l’utilise, elle permet de se sentir apaisé car chacun a pu être écouté et a pu comprendre pourquoi il était fâché ou triste, par exemple. Parfois même, elle va permettre d’exprimer des choses que l’on n’aurait pas partagées sans cela.

Ce livre est l’adaptation d’un spectacle que vous avez joué des centaines de fois devant des enfants.

À la fin du spectacle, certains enfants venaient même jouer leur propre situation, en portant une cape de super-héros. Dans les dernières pages du livre, je fais aussi réfléchir les lecteurs. Les enfants comprennent très vite la CNV. Ils repèrent rapidement le mode chacal. Il n’y a pas à se juger quand on fait ça, juste proposer à l’autre de fonctionner autrement. Quand on est en conflit, l’avantage, c’est qu’on est encore en relation. Un frère qui vient nous taquiner, c’est qu’il a encore envie d’être en contact!

 

 

 

 

 

 

 

Dans ce livre très facile à lire, Sam se réveille, mais la journée commence mal. Comme souvent, il faut se dépêcher, recevoir des ordres, essayer de se faire comprendre des autres… Sam va découvrir qu’en passant quatre niveaux (OSBD), comme dans un jeu vidéo, il peut réussir à améliorer sa vie avec les autres.

Des dessins colorés et des exemples de conversations aident à comprendre ce mode de communication (la CNV). Sam et le pouvoir des mots, Marjorie Danna, Nicolas Haverland, éd. Pera, 74 p

 

 

 

 

 

 

 

Le sondage de la semaine