Les trois suspects de l’assassinat présumé homophobe à Beveren sont âgés de 16 et 17 ans

Un corps a été retrouvé dans un parc de Beveren samedi matin. Trois mineurs ont été interpellés.

Les trois suspects interpellés à la suite de l’assassinat, samedi, d’un homme de 42 ans dans un parc de Beveren sont tous mineurs.

Le plus jeune est âgé de 16 ans et originaire de Kieldrecht (une section de la commune de Beveren), tandis que les deux autres sont âgés de 17 ans et originaires pour l’un d’Anvers et, pour l’autre, de Verrebroek (une autre section de la commune de Beveren), a précisé lundi le parquet de Flandre orientale.

Les trois jeunes se sont eux-mêmes rendus à la police.

 

 

Le corps de la victime, originaire de Saint-Nicolas, a été découvert samedi dans un parc de Beveren, à proximité d’une ligne de chemin de fer à hauteur de la Lesseliersdreef. L’homme avait été violemment battu.

Un juge d’instruction, le laboratoire scientifique et un médecin légiste sont descendus sur les lieux samedi.

«Dimanche, une autopsie a été menée sur le corps de la victime et les premières constatations confirment que cette dernière a été brutalement tuée», avait commenté le parquet lundi dans la matinée.

«Plusieurs suspects ont pu être appréhendés. Ils sont actuellement auditionnés», avait-il ajouté. «L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes des faits. Toutes les pistes sont étudiées», avait souligné le parquet, alors que plusieurs médias flamands faisaient état dimanche d’un crime homophobe où la victime aurait été attirée dans le parc au prétexte d’un rendez-vous via une application de rencontre. Cette information n’a pas été confirmée par le parquet.

Trois adolescents

Les suspects sont tous les trois mineurs, a toutefois précisé le parquet lundi après-midi. Néanmoins, étant donné qu’ils sont âgés de 16 ans à 17 ans, le tribunal de la jeunesse pourrait se dessaisir de l’affaire.

«Dimanche matin, un suspect de 17 ans habitant Anvers s’est présenté à la police, qui l’a auditionné. Ce lundi, le parquet a ordonné sa comparution devant un juge de la jeunesse à Anvers», a indiqué la porte-parole du ministère public, Annelies Verstraete.

Dans la nuit de dimanche à lundi, un autre suspect également âgé de 17 ans,

L’un a été placé par un juge de la jeunesse dans le centre fermé pour jeunes d’Everberg, tandis que les deux autres seront déférés mardi devant un juge de la jeunesse de Termonde. Le parquet de Flandre orientale n’a, jusqu’à présent, ni infirmé ni confirmé le mobile homophobe.

 

Unia ouvre un dossier sur ces «faits atroces»

Le centre interfédéral pour l’égalité des chances Unia a annoncé lundi ouvrir un dossier concernant «les faits atroces» que constituent l’assassinat d’un homme de 42 ans samedi dans un parc de Beveren, en Flandre orientale, dont le mobile pourrait être homophobe.

Le corps de la victime, originaire de Saint-Nicolas, a été découvert samedi dans un parc de Beveren, à proximité d’une ligne de chemin de fer à hauteur de la Lesseliersdreef. L’homme avait été violemment battu.

«Il est possible que cet homme de 42 ans, ouvertement homosexuel, ait été victime de personnes homophobes», selon Unia. «L’homophobie reste un problème très concret en Belgique. Les actes homophobes qui ont des conséquences mortelles restent généralement rares dans notre pays mais certaines personnes en meurent encore. Chacun se rappelle la manière dont Ihsane Jarfi a été tué en 2012.» Le jeune homme de 32 ans avait disparu la nuit du 22 avril. Il avait été retrouvé mort le 1er mai 2012 dans la région de Tinlot. Ses quatre agresseurs avaient été reconnus coupables d’assassinat (pour trois d’entre eux) et meurtre (pour le dernier) avec la circonstance aggravante d’homophobie, ainsi que de traitements inhumains, dégradants et de détention arbitraire.

«La même année, le sexagénaire Jacques Kotnik avait été tué à coups de marteau dans un parc à Liège», rappelle le centre interfédéral.

En 2019, Unia a enregistré 17 cas de coups et blessures à caractère homophobe. En 2020, 12 déclarations ont été recensées pour ce type de faits, ainsi qu’un homicide. «Ces chiffres ne montrent qu’un pan restreint de la réalité puisque tous les cas ne nous parviennent pas ou ne sont rapportés à la police», conclut Unia.