BELGIQUE

Des assouplissements pour les écoles dès la mi-mars

Des assouplissements pour les écoles dès la mi-mars

L’enseignement en présentiel à 100% dans le secondaire n’est pas prévu avant le 19 avril, soit au retour des vacances de Pâques. Photo News

Le calendrier d’assouplissements dévoilé par le comité de concertation concerne aussi les écoles.

«Il y aura plusieurs phases (d’assouplissement des mesures sanitaires)», a annoncé vendredi le ministre-président wallon Elio Di Rupo à la sortie du comité de concertation. «Dès la mi-mars avec les écoles, en avril avec du plein air et puis, au mois de mai, des activités intérieures et extérieures», a-t-il indiqué sans donner davantage de détails.

«Au mois de mai, nous pouvons espérer que toutes les personnes qui ont plus de 65 ans auront déjà au moins reçu une dose du vaccin.»

Concernant l’enseignement supérieur, dès le 15 mars, les cours en présentiel seront possibles un jour par semaine, selon des modalités encore à clarifier.

Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Pierre-Yves Jeholet a indiqué que le retour total en présentiel dans l’enseignement secondaire n’aura lieu qu’après les vacances de Pâques.

 

 

 

Le secteur de l’enseignement accueille favorablement la reprise du présentiel après Pâques

A partir du 15 mars, les activités scolaires extra muros de maximum 1 jour seront à nouveau autorisées dans l’enseignement primaire et secondaire. L’enseignement en présentiel à 100% reprendra également pour les groupes vulnérables dans l’enseignement spécialisé et l’enseignement professionnel à temps partiel. A la même date, un maximum de 20% d’enseignement en présentiel sera permis dans le supérieur.

A partir du 19 avril, les cours reprendront totalement en présentiel dans l’enseignement secondaire.

«C’est une bonne décision», a commenté vendredi soir Laurent Léonard, président du Conseil de l’Enseignement des Communes et des Provinces (CECP). «Donner une perspective avec une date est une bonne chose, même si cela reste prudent. Il faut bien se rendre compte que nos enfants étaient de plus en plus en difficulté.»

«Nous n’avions pas pronostiqué de date et nous plions à l’avis des experts», a indiqué pour sa part Conrad Van de Werve, directeur de la communication du Segec (Secrétariat Général de l’enseignement catholique). «La reprise après Pâques offrira aux établissements le temps nécessaire pour se préparer à rebasculer en présentiel». L’autorisation des activités en extérieur à partir du 15 mars en une mesure «positive en soi», a-t-il ajouté.

Universités et étudiants saluent une «première étape» du déconfinement

Par ailleurs, la décision du comité de concertation d’autoriser, à partir du 15 mars, un maximum de 20% d’enseignement en présentiel dans l’enseignement supérieur représente «une première étape importante», a estimé la présidente de la Fédération des étudiants francophones (FEF), Chems Mabrouk. «Un pas en avant, limité et prudent», juge également le président du Conseil des recteurs.

«Il faudra laisser de plus en plus d’étudiants revenir sur les campus avec les semaines qui passent, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire», plaide Chems Mabrouk. «Ce n’est pas un caprice, c’est une nécessité: 60% des étudiants sont en décrochage, 80% se disent fragilisés psychologiquement», rappelle-t-elle.

«La mesure indique l’importance accordée à l’enseignement et aux jeunes, ce qui est un message positif», juge Pierre Wolper, président du Conseil des recteurs et recteur de l’Université de Liège. «Cela donne un peu d’air mais nous laisse quand même principalement dans une situation d’enseignement à distance», précise-t-il, estimant tout de même que cela vaut mieux qu’un retour en arrière par la suite.

«En pratique cependant, ce n’est pas très facile à gérer», nuance-t-il. «Nous allons essayer d’assurer une certaine régularité pour nos étudiants, mais tous ne pourront pas forcément avoir 20% de présence. Nous privilégierons ceux qui ont le moins de contacts actuellement, avec une attention particulière pour les étudiants en première année.»

L’Union syndicale étudiante (USE) se réjouit également que l’enseignement supérieur ait été mis à l’agenda politique, mais considère un jour de présence par semaine comme largement insuffisant. «Certaines universités aux États-Unis arrivent à maintenir un taux bien plus important», souligne l’organisation, qui déplore une situation instable.

Les deux associations d’étudiants continueront à se mobiliser pour réclamer des mesures contre la précarité estudiantine. «Nous proposons une extension du chômage temporaire aux jobistes, qui sont nombreux à avoir perdu leur travail», indique l’USE. A plus long terme, l’organisation milite pour le salaire étudiant, soit le fait d’être payé pour étudier.