BRUXELLES

Ça y est, les voitures sont bannies des rampes du Palais de Justice de Bruxelles: «Plus tard, on verra ce parking comme la Grand-Place remplie de voitures»

Ce sont désormais des rampes piétonnes qui descendent du palais de justice de Bruxelles vers les Marolles. La Ville aimerait en faire des promenades plus vertes. Ans Persoons/ Twitter

C’est désormais effectif: les rampes du palais de justice de Bruxelles sont libérées de leurs voitures. La Ville réfléchit à une reconversion pour cette liaison piétonne entre Marolles et place Poelaert. Et pourquoi pas une… piste de ski?

Depuis ce 1er mars 2021, le stationnement automobile est interdit sur les rampes du palais de justice de Bruxelles, comme la Ville l’avait annoncé le 3 février. Jusqu’ici, ces allées reliant la place Poelaert dans le haut de la Ville à la rue des Minimes dans les Marolles servaient de parking à ciel ouvert. Pour les usagers du palais de justice, entre autres.

Sur place, la Ville de Bruxelles a placé potelets et bacs à fleurs pour empêcher ce que l’échevine de l’Urbanisme Ans Persoons (one.brussels/sp.a) qualifie de «stationnement illégal». Jusqu’ici, quelque 200 places de parking y étaient régulièrement utilisées par les automobilistes comme parking sauvage. Les policiers de la zone Bruxelles Capitale Ixelles ont veillé ce 1er mars au respect de la mesure.

 

 

Sur Twitter, Ans Persoons a répété que la Ville planche désormais sur une nouvelle vision de ces rampes, propriétés du Fédéral en tant que partie du palais de justice mais où un droit de passage public est de mise. «On veut reconnecter le bas et le haut de la ville. Cet espace a un énorme potentiel pour devenir un espace de promenade pour se rencontrer, s’asseoir sur un banc, jouer. Les Marolles manquent d’espace public: ici, on dispose de ces espaces».

Persoons assure que «de nombreuses personnes ont marqué leur enthousiasme pour ces rampes libérées des voitures». L’élue promet désormais que riverains et usagers seront consultés pour déterminer le meilleur usage à faire de ces raidards longeant l’emblématique bâtiment de justice. Sur Twitter et Facebook, des illustrations de jardins suspendus ou de… piste de ski publiées par l’échevine socialiste témoignent du brainstorming en cours.

 

 

«Plus tard, nous regarderons ces rampes remplies de voitures comme la Grand-Place remplie de voitures: quelque chose d’incroyable, quelque chose dont on se demandera comment on a pu l’autoriser», termine Ans Persoons.

 

3300 places dans les alentours

Pour rappel, la justification officielle pour cette mesure de «nettoyage» des rampes du palais de justice, c’est la sécurité. Lors de l’annonce de cette décision, les autorités de la Ville de Bruxelles ont expliqué que le parking illicite sur ces grimpettes empêcherait en effet les pompiers de manœuvrer correctement en cas d’incendie.

Cependant, on sait aussi que la Grand-Place travaille depuis plusieurs années à une meilleure connexion urbanistique de ses zones de shopping des haut et bas de la Ville, géographiquement séparées par le relief, mais aussi par plusieurs barrières physiques engendrées par la circulation automobile.

Pour rassurer les usagers des rampes, appartenant principalement au barreau de Bruxelles et au SPF Justice, la Ville de Bruxelles a évalué à 3300 places de stationnement la disponibilité alentour, soit sur les axes Poelaert, Toison d’Or, Louise et Stéphanie. Ainsi, elle note que le parking sous la place Poelaert compte quelque 500 places mais n’est utilisé qu’à «30 ou 35% en journée».