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Face à la contestation, l’Algérie libère 59 détenus d’opinion

Face à la contestation, l’Algérie libère 59 détenus d’opinion

Le pouvoir algérien est confronté depuis lundi, date du deuxième anniversaire du Hirak, au grand retour des manifestations du mouvement populaire, en dépit de l’interdiction des rassemblements publics à cause de la crise sanitaire. AFP

Au total 59 détenus d’opinion ont été libérés en Algérie depuis l’annonce de la grâce accordée par le président Abdelmadjid Tebboune le 18 février, a indiqué samedi le ministère de la Justice.

«Dans le cadre de la mise en œuvre des décisions annoncées par le président Tebboune à l’occasion (...) du second anniversaire du Hirak (...), le nombre de détenus libérés, après la fin des procédures et des délais légaux a atteint 59 personnes jeudi», selon un communiqué du ministère.

De retour d’une longue hospitalisation en Allemagne en raison de complications post-Covid, M. Tebboune avait décrété une grâce présidentielle en faveur de détenus du Hirak, dans un geste d’apaisement à l’égard du mouvement de protestation populaire né en février 2019.

Un tweet de la présidence algérienne avait alors précisé que la mesure concernait les «auteurs de crimes liés aux technologies de l’information et de la communication».

Les poursuites contre ces détenus d’opinion étaient fondées dans au moins 90% des cas sur des publications critiques envers les autorités sur les réseaux sociaux.

Un nouvel Hirak

Le pouvoir algérien est confronté depuis lundi, date du deuxième anniversaire du Hirak, au grand retour des manifestations du mouvement populaire, en dépit de l’interdiction des rassemblements publics à cause de la crise sanitaire.

Le Hirak continue d’exiger la fin du «système» politique en place depuis l’indépendance (1962).

Quelque 700 personnes ont été interpellées vendredi dans toute l’Algérie à la suite des marches du Hirak, selon des organisations de défense des droits humains, mais elles ont été ensuite relâchées.