BRUXELLES

Évacuation de l’Institut Pacheco: «D’où vient une réaction si forte contre une action solidaire?»

L’occupation de l’ancien hospice Pacheco a tourné court ce vendredi 26 février. Les militants qui occupaient le bâtiment du CPAS de Bruxelles en ont été délogés par la police.

«Les responsables politiques communaux bruxellois, Khalid Zian, président du CPAS, et Philippe Close, bourgmestre, ont opté pour une répression violente plutôt qu’une négociation», ont déploré samedi les militants de la Campagne de Réquisitions Solidaires.

Certains d’entre eux se sont installés vendredi après-midi dans l’Institut Pacheco à Bruxelles, vide depuis plusieurs années, pour dénoncer le fait que de nombreux bâtiments sont laissés à l’abandon alors que des milliers de personnes sont sans logement. Quelques heures plus tard, la police a procédé à leur évacuation de force. Une quarantaine d’entre elles ont été arrêtées administrativement.

Les militants dénoncent également avoir subi de la violence physique. «Nous avons été éjectés sans ménagement. Des personnes ont reçu des coups de pied dans la tête et ont subi des violences verbales. Nous nous demandons d’où vient une réaction si forte contre une action solidaire qui a été plutôt bien accueillie dans d’autres communes et par la Région de Bruxelles-Capitale ces dernières semaines», ont-ils réagi.

L’Institut Pacheco, également connu sous le nom de Grand Hospice, est un bâtiment classé appartenant au CPAS de la Ville de Bruxelles. Le bâtiment est vide depuis quatre ans, en attente de rénovation.

«Le CPAS justifie l’expulsion par le fait qu’une occupation temporaire serait actuellement envisagée et qu’un appel public va bientôt être lancé. Khalid Zian va jusqu’à affirmer qu’une occupation pour de l’hébergement aurait été possible ‘à condition qu’elle soit correctement encadrée et concertée préalablement’. Or, les autorités communales ont été sollicitées à plusieurs reprises par rapport à ce bâtiment et ont refusé à chaque fois de le mettre à disposition», ont encore déclaré ceux qui militent pour le droit au logement pour tous.