BELGIQUE

Comité de concertation: aucune décision, les secteurs réagissent

Comité de concertation: aucune décision, les secteurs réagissent

Image d’illustration BELGA

«Douche froid», «consternation», «on veut des perspectives claires», les secteurs réagissent après l’annonce de report de décisions du Comité de concertation.

La FEF évoque «une douche froide» pour les étudiants

Le report des décisions du comité de concertation en raison des incertitudes liées à l’évolution de l’épidémie «fait l’effet d’une douche froide» pour les étudiants et la jeunesse en général, regrette la présidente de la Fédération des Etudiants Francophones (FEF) Chems Mabrouk. L’organisation continue à espérer des annonces positives dès la semaine prochaine. «Cela devient urgent et nécessaire», souligne sa présidente.

Les étudiants espéraient des perspectives de reprise graduelle des cours en présentiel avec un retour à 20% de présence en mars. «Les attentes étaient énormes», confirme Chems Mabrouk. «Ce n’est pas une question d’envie ou de caprice, mais une nécessité», ajoute-t-elle.

Selon des enquêtes menées par la FEF, la situation épidémique et les mesures de confinement ont d’ailleurs de fortes conséquences sur la jeunesse, avec 60% des étudiants en décrochage scolaire et 80% qui s’estiment fragilisés psychologiquement.

La FEB compréhensive quant au report des décisions

La Fédération des Entreprises de Belgique dit vendredi comprendre la décision de ne pas assouplir les mesures contre le coronavirus. Au vu des derniers chiffres en augmentation, les autorités ont décidé de reporter toute décision à la semaine prochaine quant aux restrictions en vigueur pour endiguer la pandémie.

La FEB demande au gouvernement «d’utiliser pleinement les prochains jours pour élaborer un plan de sortie solide et progressif». Les secteurs fermés aspirent à une perspective claire, dit la plus grande fédération patronale du pays.

«La pandémie est loin d’être terminée, mais notre bien-être mental, économique et social a besoin d’une perspective pour pouvoir soutenir les efforts», déclare Pieter Timmermans, le patron des patrons. «Malheureusement, les chiffres vont à nouveau dans la mauvaise direction, c’est pourquoi nous devons tous une fois de plus rassembler notre courage et respecter strictement les règles afin de pouvoir rapidement offrir des perspectives à la société et aux secteurs fermés.»

«Le secteur culturel réclame un calendrier clair et des aides supplémentaires»

Le secteur de la culture réclame «un calendrier clair et non conditionné à l’évolution des chiffres de la pandémie» ainsi «que des aides financières supplémentaires», a réagi vendredi Samuel Tilman, porte-parole de l’Union de professionnels des arts et de la création - pôle travailleur (UPAC-T), alors qu’aucun assouplissement n’a été annoncé pour la culture par le comité de concertation.

«L’insécurité pèse sur les employeurs et travailleurs. Des perspectives restent essentielles pour savoir quand nous sortirons du tunnel», souligne Samuel Tilman.

Des aides financières supplémentaires vont aussi être réclamées. «Il faut venir en aide aux secteurs affectés et aux travailleurs», ajoute le porte-parole, parlant de «catastrophe sociale».

Si des aides ont été libérées pour un certain nombre de travailleurs, cela n’a pas permis d’aider tout le monde, pointe encore Samuel Tilman. «Ceux qui étaient au statut d’artiste avaient normalement des revenus complémentaires. Ils vivent aujourd’hui avec 1.000 euros par mois en moyenne. Ceux qui n’étaient ni indépendant, ni sous statut, sont aujourd’hui au CPAS.»

Pour l’union professionnelle, il y a certes le risque sanitaire mais il faut aujourd’hui intégrer dans les décisions du gouvernement les risques psychologiques, sociaux, économiques, démocratiques. «La culture doit être vue par le gouvernement comme un partenaire pour traverser une crise devenue structurelle.»

L’UPAC-T et d’autres acteurs du monde de la culture ont rencontré, vendredi avant le Codeco, le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR). Ils s’étaient déjà entretenus quelques jours plus tôt avec le Premier ministre Alexander De Croo. «C’est la première fois qu’on a eu des interlocuteurs directs. Il y a une prise de conscience du politique que la culture a été laissée pour compte. Le dialogue semble s’ouvrir, alors que c’était trop peu le cas jusqu’à présent.» Le secteur espère pouvoir rencontrer le ministre fédéral de l’Economie, Pierre-Yves Dermagne, dans les prochains jours.

L’UPAC-T réunit une quinzaine de fédérations défendant les intérêts des travailleurs de diverses disciplines (arts plastiques, audiovisuel/cinéma, arts vivants, bande dessinée, illustration, musiques).

«Consternation et indignation» du côté des indépendants

L’Union des classes moyennes se dit vendredi «déçue, consternée et indignée» par le report des décisions quant aux mesures prononcé par le Comité de concertation.

«Nous n’avons plus qu’un message pour les indépendants: ‘nous ne comprenons plus nos autorités. Nous sommes conscients qu’on vous maintient la tête sous l’eau au-delà du raisonnable. Nous ne pouvons plus cautionner la manière dont la lutte contre l’épidémie est menée», commente l’UCM.

«Une semaine de plus sans la moindre avancée (...) Le gouvernement agit comme si la campagne de vaccination ne mettait pas à l’abri les personnes vulnérables, comme si les indépendants et entreprises n’étaient pas à même d’appliquer des protocoles de sécurité, comme si la population n’était pas à bout et comme si des secteurs entiers de notre économie n’étaient pas à deux doigts de s’effondrer.»

Même son de cloche du côté du Syndicat neutre pour indépendant (SNI). «Aucune perspective, c’est inacceptable. Il y a, à nouveau, deux poids deux mesures. Nous comprenons que les hospitalisations sont en hausse, mais le Comité aura des centaines de faillites sur la conscience. Il est crucial d’apporter de la clarté, même si les chiffres empirent.»

«Une seule chose peut nous débarrasser de ce yo-yo: la vaccination», ajoute le réseau flamand d’entrepreneurs indépendants Unizo. «Il est temps pour les gouvernements de démontrer qu’ils peuvent accélérer cette vaccination.» L’Unizo se dit toutefois satisfaite du maintien de la réouverture prévue des professions de contact non médicales le 1er mars.

Les agences de voyages veulent des «perspectives claires» pour les vacances de printemps

«Nous voulons des perspectives claires pour les vacances de Pâques. Nous en avons marre», a martelé vendredi Anne-Sophie Snyers, secrétaire générale de l’Union professionnelle des agences de voyages (Upav). Cette réaction fait suite à la communication du Comité de concertation de ne décider aucun assouplissement en raison de la situation sanitaire en Belgique.

«Je suis abasourdie par ces non-décisions. Nous sommes sur un plateau depuis la mi-novembre au niveau des chiffres. Il n’y a pas eu davantage de contaminations à l’issue des vacances de Noël. Les gens en ont marre. Beaucoup de secteurs sont au bout du rouleau. Le virus est là et nous devons vivre avec. Nous devons nous adapter pour continuer à vivre et ne pas être uniquement dans la répression. En plus de cela, nous attendons des aides qui ne viennent pas», a expliqué Mme Snyers.

Le secteur du voyage exprime sa détresse et souhaite des éclaircissements quant à l’approche des vacances de printemps. «Que doit-on prévoir pour les vacances de Pâques? Qu’ils nous le disent! Nous voulons des perspectives claires! Je suis vraiment très fâchée parce que, déjà, pour les vacances de Carnaval, nous avons dû rembourser des clients qui n’ont pas pu partir. Les vacances de Pâques correspondent au début de la crise l’an dernier, cela veut dire que des bons à valoir vont arriver à échéance. Si les gens ne peuvent pas les utiliser, nous devrons les rembourser. Cela représente près de 300 millions d’euros et le plan d’aide de l’État n’a pas encore été validé», a souligné la secrétaire générale de l’Upav.

Le son de cloche est partagé en Flandre, où l’Association flamande des agences de voyage (VVR) a souligné sa volonté d’avoir des perspectives pour les vacances de printemps. Elle a également regretté la prolongation de l’interdiction des voyages non essentiels. «J’avais espéré que les politiques réagiraient aux plaintes européennes à ce sujet, mais ils continuent d’aller à l’encontre de ce que l’Europe demande», a déploré le président de la VVR, Koen Van den Bosch.

Brasseurs belges: «Sauver les vacances de Pâques»

Les Brasseurs belges «comprennent la difficulté de la situation» mais regrettent «le manque de perspectives pour l’horeca». Ils attendent du comité de concertation de la semaine prochaine «un plan de réouverture sécurisée clair et concret» qui permettrait de «sauver les vacances de Pâques», a réagi vendredi la fédération sectorielle.

«Chaque jour de fermeture supplémentaire représente une augmentation exponentielle du risque de faillite dans l’horeca, ce qui peut directement menacer les emplois directs et indirects dans le secteur brassicole», souligne la fédération.

«Ces derniers jours l’ont également montré, une bouffée d’air est nécessaire pour la santé mentale de la population. Les balises encadrant les activités de l’horeca permettraient justement aux citoyens de respirer tout en évitant les dérives», ajoute-t-on.